Une personnalité, des indices, mais pas d'aveu ni de cadavre

— 

Certains le décrivent comme un être rigide et calculateur. « Une légende, une image d'Epinal qui ne repose sur rien », estime son avocat. Et pourtant, c'est bien l'attitude adoptée par son client lors de l'audience qui préoccupe Georges Catala. Car elle peut influencer le verdict. « Il n'a jamais été très sympathique, mais il a dû travailler sa personnalité », assure de son côté Guy Debuisson, conseil des soeurs de Suzy, parties civiles. Pour lui, ce procès « est l'aboutissement d'une chasse à courre où Viguier a multiplié les artifices de procédure. Aujourd'hui, le miracle serait qu'il accepte de dire la vérité... mais il s'est enfermé dans un système de défense et vis-à-vis de ses enfants je le vois mal avouer qu'il a tué sa femme », souligne l'avocat pour qui, même sans aveu ni cadavre, l'acquittement n'est pas gagné. Il en veut pour preuve la condamnation il y a deux ans de Maurice Agnelet, accusé d'avoir tué en 1977 son ancienne maîtresse, Agnès Leroux, riche héritière de Casino à Nice. Mais si dans cette affaire, l'argent apparaît comme un motif évident, Jacques Viguier n'avait « aucun mobile » pour tuer sa femme selon ses défenseurs. L'accusation retient la thèse d'une dispute conjugale qui aurait mal tourné. Suzy avait en effet consulté récemment un avocat et s'apprêtait à demander le divorce. « S'il y a eu querelle, il y a eu lutte, or on ne trouve aucune trace, aucun stigmate sur lui, ni dans la maison », assure Georges Catala. Reste ces traces de sang prélevées dans la maison et le matelas du clic-clac sur lequel Suzy dormait et dont son mari s'est débarrassé quelques jours après sa disparition et qui n'a jamais été retrouvé. Un faisceau d'indices à l'origine du renvoi de Jacques Viguier devant les assises. « D'entrée, on a considéré qu'il ne pouvait y avoir qu'une seule piste, on s'en est tenu à la surface des choses », dénonce son avocat qui espère voir aborder « toutes les circonstances de la disparition ». W