« La validation des examens va devenir un problème sérieux »

Recueilli par Charlotte Boitiaux

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Dans quel état d'esprit

êtes-vous à la veille de la rentrée ?

Je suis extrêmement inquiet de la situation. Il y a eu à la fois une avancée réelle des négociations de la part du gouvernement, par exemple sur le décret de 1984 qui définit le statut des enseignants-chercheurs, sur la formation des enseignants, mais il reste encore des points d'inquiétude sur la précarité étudiante, notamment dans le domaine de la recherche. Le gouvernement négocie, mais avance au compte-gouttes.

Comment envisagez-vous la reprise des cours et la tenue des examens du second semestre alors que

l'université est toujours bloquée ?

Je lance un appel solennel à la reprise des cours le plus rapidement possible, sinon la question de la validation va devenir un problème sérieux. J'ai toujours dit que j'étais prêt à discuter avec les universitaires pour trouver une manière de concilier mouvement de contestation et reprise des activités pédagogiques. Quant aux examens, nous travaillons sur des options de calendrier mais avant cela, il faudrait d'abord assurer le plus grand nombre de transmissions de cours, ce qui ne sera possible que si les piquets de grève sont levés.

Est-il possible d'envisager la tenue des examens en septembre ?

Ce serait la pire des options pour moi. C'est extrêmement difficile à mettre en place. Tenir des examens en septembre, c'est pénaliser l'année universitaire suivante. De plus, je ne suis pas certain que le personnel administratif soit prêt. Les examens font partie d'un long processus de correction et de validation, un travail extrêmement lourd qui s'étend sur plusieurs semaines.

Etes-vous opposé au principe

de « l'année blanche » ?

Non seulement je suis contre, mais je n'imagine même pas qu'on puisse l'envisager. Il ne peut pas y avoir de délivrance automatique de diplômes. W