La stèle en l'honneur des esclaves délivrée demain

— 

La sculpture est celle d'une Vénus, rebondie et sans bras. Elle sera dévoilée demain, en fin d'après-midi, dans le parc Compans-Caffarelli en mémoire de l'abolition de l'esclavage et en présence d'un collectif d'associations. La date n'a rien d'un hasard. « Nous avons choisi le premier anniversaire de la mort d'Aimé Césaire », indique Jean-Paul Makengo, adjoint au maire chargé de la Diversité et de l'Egalité.

La stèle a déjà sa petite histoire. Certaines associations auraient préféré qu'elle rende hommage à un personnage illustre de la lutte contre l'esclavage. « Mais en choisissant une femme, anonyme, nous faisons le choix d'honorer toutes ces esclaves qui souvent n'ont été considérées que comme des matrices à procréer », assume le premier conseiller municipal noir de la Ville rose, toujours « étonné », un an après, du buzz qu'a suscité son élection. « Cette agitation montre bien qu'un long chemin reste à parcourir en termes de diversités et pas seulement dans la sphère politique », assure-t-il.

Mais cette stèle célèbre aussi un chapitre, plutôt flatteur, de l'histoire d'une ville qui a affranchi les esclaves dès 1226. A cette date est entrée en vigueur une coutume perpétuée ensuite par les Capitouls et en vertu de laquelle tout esclave parvenant à s'introduire dans les murs devenait libre. ■