Toulouse : L’adjointe aux Sports Laurence Arribagé et l’ex-chef du fisc mis en examen dans une affaire de dénonciation calomnieuse

ENQUËTE La patronne de la Fédération LR de Haute-Garonne est soupçonnée d’être mêlée à une dénonciation calomnieuse visant Corinne Vignon, son adversaire à la députation pendant la campagne des législatives 2017

H.M. avec AFP
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Laurence Arribagé (LR) lors d'un conseil municipal au Capitole.
Laurence Arribagé (LR) lors d'un conseil municipal au Capitole. — F. Scheiber - Sipa
  • Laurence Arribagé (LR) et un ex-haut fonctionnaire des impôts viennent d’être mis en examen par un juge parisien.
  • Ils sont soupçonnés d’avoir, avec un chef d’entreprise et un magistrat du parquet, tenté de déstabiliser la candidate LREM Corinne Vignon lors des élections législatives 2017.
  • Corinne Vignon, finalement élue députée, était la principale rivale de Laurence Arribagé.

Sur un air de campagne. Quasiment cinq ans après le duel qui a opposé Corinne Vignon (LREM) et la sortante  Laurence Arribagé (LR) pour le siège de députée de la troisième circonscription de Haute-Garonne, voilà cette dernière, finalement perdante du scrutin, rattrapée par l’épisode le plus rocambolesque de cette élection. L’adjointe aux Sport de  Toulouse, également patronne de la fédération LR, vient d’être mise en examen, à Paris où le dossier est dépaysé, pour « recel de dénonciation calomnieuse, recel de prise illégale d’intérêt et recel de violation du secret professionnel ».

Petit retour en arrière. En juin 2017, à quelques jours du premier tour, le parquet annonce ouvrir une enquête pour travail « dissimulé » visant la candidate Corinne Vignon. Cette férue d’astrologie et de numérologie aurait omis de déclarer au fisc sa rémunération tirée de la réalisation de thèmes astraux. Les montants étant finalement « dérisoires », l’enquête a été classée sans suite en septembre 2017. Mais un autre front judiciaire s’est ouvert. Sur la dénonciation des faits reprochés à l’époque à Corinne Vignon, puis la célérité avec laquelle les services fiscaux ont réagi et alerté le parquet, tout ça dans un timing très électoral.

Du réseautage entre amis

Quatre nouveaux protagonistes ont alors surgi. Le chef d’entreprise à l’origine de l’histoire des thèmes astraux, Marc Menvielle, le directeur régional adjoint des services fiscaux, Patrice Michel, un magistrat du parquet aujourd’hui à la retraite, et donc Laurence Arribagé, la future candidate battue.

La théorie retenue par l’instruction est que des liens d’amitié en cascade entre ces quatre personnalités ont pu servir à déstabiliser la candidate En Marche. Mediapart a d’ailleurs publié le 1er décembre le texte de SMS, très ambigus, échangés entre Laurence Arribagé et Marc Menvielle, également mis en examen en début de semaine. Patrice Michel n’a pas encore été convoqué par le juge d’instruction.