Toulouse : Ténor, le jeu de société qui permet à tous d’endosser la robe noire (en s’amusant)

IDEE KDO Pour vulgariser et démocratiser le droit, un juriste toulousain a créé un jeu de société où les questions souvent très décalées permettent aux néophytes de se plonger avec humour dans les habits d’un avocat

Béatrice Colin
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Une avocate en train de plaider (illustration)
Une avocate en train de plaider (illustration) — Jean-Marc Quinet/ISOPIX/SIPA
  • Pierre Benazech, ancien avocat et aujourd’hui juriste-conseil, a créé un jeu de société baptisé "Ténor, qui sera le meilleur avocat ?" qui vient de sortir.
  • Primé au concours Lépine, ce jeu aborde des points de Droit avec humour et permet aux joueurs d’enrichir leurs connaissances et de faire preuve de la fameuse éloquence si chère aux avocats.
  • Un moyen pour son créateur de vulgariser cette matière tout en rigolant.

Qu’est-ce que le Droit de cuissage ? Quelle est la plus longue peine d’emprisonnement prononcée aux Etats-Unis ? Saviez-vous qu’à cause d’un perroquet, et ses penchants royalistes, en des temps peu lointains on était passible de la guillotine ? Autant de questions qui touchent au Droit et dont on ne soupçonne pas l’existence quand on est un néophyte.

Pour ceux qui veulent perfectionner leurs connaissances, tout en s’amusant, un juriste toulousain a eu l’idée de créer un jeu de société baptisé « Ténor, qui sera le meilleur avocat ? », en référence à ces robes noires renommées pour leurs plaidoiries. « J’ai eu l’idée de ce jeu en 2015. Il comprenait des questions insolites pour piéger et faire rire mes amis. J’enseigne aussi le Droit dans des écoles supérieures et j’ai réfléchi à la façon de vulgariser le Droit de façon ludique pour les élèves », explique son inventeur,  Pierre Benazech.

Celui qui a été avocat d’affaires pendant cinq ans, avant de devenir juriste-conseil dans le transfert de technologies, a donc décidé de passer d’un prototype artisanal à un véritable jeu de société. Primé cette année au concours Lépine, il est depuis le début du mois commercialisé par les Editions Enrick B au prix de 29,90 euros.

Vulgariser le Droit

Les règles sont simples : le premier joueur à marquer cinq points à gagner. Pour y parvenir, il suffit de relever un défi d’éloquence ou répondre aux questions, parfois loufoques. « Par exemple, si le joueur tombe sur la question « Claude François était-il un mec branché ? », il devra développer trois arguments et il pourra faire preuve de mauvaise foi », avance Pierre Benazech qui a testé son jeu sur ses étudiants et connaissances. « Et j’ai vu des lycéens gagner des magistrats. Il faut faire preuve de logique, mais aussi d’imagination et d’éloquence, il ne faut pas être forcément juriste », relève-t-il.


Ce passionné a fait des recherches pour alimenter ses questions qui permettent au quidam d’enrichir son vocabulaire, de savoir ce qu’est un « yoyo » en prison ou une « arnaque à l’irlandaise », une escroquerie souvent utilisée auprès des automobilistes. « Le Droit est souvent vu comme une matière difficile et rébarbative, mais elle est en réalité vivante et riche. Mon objectif est vraiment de le démocratiser avec humour, tout en renforçant la culture générale et développant les capacités d’expression », conclut le juriste. Alors, prêts à endosser la robe noire ?