Toulouse : Un radar antibruit expérimenté en 2022 pour lutter contre les nuisances sonores et les rodéos urbains

TRANQUILLITE Au cours de l’an prochain, ce dispositif va être expérimenté sur l’avenue Louis-Plana, à Toulouse, théâtre de nombreux rodéos urbains

Béatrice Colin
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Un radar antibruit "méduse" mis au point par l'association Bruitparif.
Un radar antibruit "méduse" mis au point par l'association Bruitparif. — Bruitparif
  • Toulouse est l’une des villes retenues par le ministère de la Transition écologique pour tester les radars antibruit, ces dispositifs qui permettent d’identifier l’origine des nuisances sonores.
  • L’avenue Louis Plana, ou de nombreux riverains se plaignent du bruit et des rodéos urbains, a été retenue pour accueillir l’an prochain ce radar composé de cinq micros et d’une caméra à 360°.
  • L’expérimentation va durer une année, sans verbalisation.

Il est équipé d’une caméra à 360°, de cinq micros et est relié au centre de vidéosurveillance de la ville. En début d’année prochaine, perché assez haut sur un mât, un radar anti-bruit va être installé sur l’avenue Louis-Plana, à  Toulouse. Cet équipement d’un genre nouveau va pouvoir mesurer le niveau de décibels et déterminer de quel véhicule le son provient, qu’il soit émis par une voiture, un camion ou un deux-roues.

Déjà utilisé en Ile-de-France, notamment grâce à un dispositif mis au point par Bruitparif, il va être expérimenté au cours de prochains mois par plusieurs villes de France qui se sont portées volontaires auprès du ministère de la Transition écologique.

Plaintes récurrentes des riverains

La mairie a fait le choix du quartier de la Roseraie pour le tester, notamment en raison des plaintes récurrentes des riverains concernant les nuisances sonores, en particulier les rodéos urbains. Cette artère remplit les critères requis pour l’accueillir, comme le fait que ce soit une ligne droite et longue. Une configuration appréciée par certains motards aux dépens des oreilles des riverains.

« Le bruit est nuisible à la santé. A Toulouse, ce problème est dû notamment aux deux roues dont le niveau sonore est important, à cause des pots trafiqués. Nous l’expérimentons dans une logique d’apaisement », explique Patricia Bez, adjointe au maire en charge de la lutte contre les bruits de voisinage.

Selon l’Organisation mondiale de la santé, le bruit est en effet le deuxième facteur environnemental provoquant le plus de dommage sanitaire. Selon une récente étude de l’Ademe, il a même un coût social de 147,1 milliards d’euros​ chaque année en France. Sur le territoire national, près de 40 % des habitants des agglomérations de plus de 250.000 habitants sont ainsi exposés à un niveau sonore de jour supérieur à 60 décibels à cause du trafic routier.

Une année d’expérimentation sans verbalisation

Au cours de cette expérimentation qui doit durer une année, ceux qui dépassent le seuil de décibels ne seront pas verbalisés. Mais si ce test à grande échelle obtient de bons résultats, le gouvernement pourrait entériner le dispositif et le transformer en un radar acoustique de sanction.

« Pour nous c’est un moyen de lutter contre les rodéos urbains. L’avantage d’être dans la première vague des villes tests, c’est que si un dispositif spécifique est pris, nous pourrons être les premiers à en bénéficier », avance le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc qui a fait valider cette expérimentation lors du conseil municipal de vendredi.

Dans les Yvelines, depuis 2019, ce type de radar est testé dans la vallée de Chevreuse par Bruiparif, le long de la RD91, baptisée la « route des 17 tournants ». Lors des journées ensoleillées du week-end, cette route très appréciée des motards peut enregistrer jusqu’à 87 pics de bruit par heure à certains endroits. Avant la mise en place d’un radar-sanction, une version pédagogique a été installée et a permis de faire chuter ces pics de moitié.