Toulouse : Les « oubliés » et « méprisés » du Ségur de la santé réclament des salaires décents pour le médico-social

SOCIAL Les employeurs du secteur médico-social demandent au gouvernement d’intégrer leurs salariés aux mesures de revalorisation salariale issues du Ségur de la santé

Béatrice Colin
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Manifestation jeudi à Toulouse des employeurs du secteur médico-social qui demandent la revalorisation de la grille salariale de leurs employés par le gouvernement dans le cadre du Ségur.
Manifestation jeudi à Toulouse des employeurs du secteur médico-social qui demandent la revalorisation de la grille salariale de leurs employés par le gouvernement dans le cadre du Ségur. — B. Colin / 20 Minutes
  • En dix ans, les salariés du secteur médico-social ont perdu 25 % de leur pouvoir d’achat.
  • Leurs employeurs ont manifesté ce jeudi pour demander au gouvernement une revalorisation salariale dans le cadre Ségur de la santé.
  • L’enjeu est important, alors que le secteur est confronté à une baisse des vocations, et que les établissements se retrouvent en concurrence entre eux.

Ils manifestent rarement. Mais la situation est devenue explosive, dans les structures du médico-social qu’ils dirigent. Les responsables et syndicats employeurs de ce secteur, qui ne compte pas moins de 785.000 salariés en France, ont décidé de se mobiliser jeudi devant la préfecture de Toulouse pour demander une revalorisation des grilles des gens qu’ils emploient, qu’ils soient travailleurs sociaux, infirmiers ou éducateurs.

Se considérant comme des « oubliés » et « méprisés » du Ségur de la santé, ils estiment que leurs salariés ont perdu 25 % de pouvoir d’achat en dix ans. Certains travaillent dans la protection de l’enfance, d’autres dans le handicap, la lutte contre les exclusions ou encore la protection juridique des majeurs.

Si dans le secteur public, la grille des salaires a été revue et corrigé pour l’ensemble des personnels soignants après cette grande consultation, cela n’a pas été le cas de celle du secteur associatif privé. « On oublie que ces éducateurs ou infirmières ont été aussi en première ligne durant ces deux années, nos établissements sont restés ouverts », relève Andrès Atenza, directeur général de l'Association nationale de recherche et de l'action solidaire qui gère 74 établissements, de l’Ehpad à l’IME, et emploie 2.300 salariés.

Baisse des vocations

Dans certaines structures, la pression est d’autant plus forte que certains, dépendant de l’Agence régionale de santé, ont vu leurs salariés concernés par cette revalorisation, quand ce n’est pas le cas pour d’autres. Cela crée une concurrence entre les établissements, et amplifie les difficultés de recrutement pour certaines associations qui jouent un rôle au quotidien, alors que plus de 150.000 départs à la retraite auront lieu d’ici 2025.

« Depuis quelques années nous sommes confrontés à une baisse des vocations. Il y a dix ans, un travailleur social commençait sa carrière à 65 % au-dessus du Smic, aujourd’hui c’est seulement 12 % au-dessus du revenu minimum », déplore Bruno Garcia, directeur général de l’association du May et membre de la Fédération des acteurs de la solidarité Occitanie. Ils en appellent donc au gouvernement pour que leurs demandes soient prises en compte.