L'idée donne des ailes aux Toulousains, même s'ils en bavent un peu

— 

« Il paraît que les papillons ne déploient plus leurs ailes. » La formule est poétique, le constat plus alarmant. Charlotte, une « petite Toulousaine écolo » de 5 ans ira ce week-end compter les papillons dans un jardin public. « Pour elle c'est un jeu, mais sans le savoir elle participe au mieux-être de la terre. L'éducation passe aussi par là », explique Jules, son papa. « Je lui ai parlé de la nouvelle opération escargots. Du coup, elle veut s'y mettre », redoute-t-il déjà, songeant à son état de saleté après avoir passé deux heures par terre à traquer les gastéropodes.

Nathalie Golfin, une autre Toulousaine, « observatrice » depuis 2006 dans son jardin, se prend aussi au jeu de « cet acte citoyen ». « Au-delà de l'écologie, j'apprends beaucoup de choses sur les papillons », confie-t-elle. C'est donc munis de fiches de reconnaissance des espèces, de comptage et armés de patience, qu'ils passeront l'après-midi à scruter le ciel. Même programme pour Annie Poulat et sa fille Leslie, à Plaisance-du-Touch. « C'est à peine un effort, presque une partie de plaisir. Je me balade dans mon jardin et je note », explique la mère. « Les premières années, ce n'était vraiment pas évident de reconnaître les papillons, il fallait s'y mettre à deux. Maintenant ça va beaucoup plus vite », renchérit sa fille. Et, si les lépidoptères affluent chez elles, c'est parce qu'elles ont aussi un peu triché... « J'ai planté des buddleia, appelés aussi "l'arbre aux papillons" pour les attirer », confesse Annie. Toutes deux sont aussi moins motivées pour la nouvelle opération escargots. Seule Angèle, une jeune danseuse de 23 ans, se salira les mains pour ces mollusques, à la prairie des Filtres, en avouant tout de même que : « Lever les yeux au ciel est nettement plus attrayant que ramper à terre derrière de la bave... » ■Charlotte Boitiaux