Ils veulent plus que des promesses

Béatrice Colin

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L'entente devrait être un peu moins cordiale ce matin. Réunis pour une énième rencontre autour de Claude Evin, médiateur nommé par la ministre de la Santé, les représentants des 145 victimes de surirradiations du CHU de Rangueil sont en colère. Un an après la signature d'une convention d'indemnisation avec le CHU et son assureur, « les patients n'ont, à ce jour, pas perçu le moindre centime », dénonce Robert-François Rastoul, l'avocat de l'association des accidentés de la vie (FNATH). Depuis deux ans, il défend une vingtaine de dossiers.

Plutôt conciliant habituellement, il a décidé cette fois de monter au créneau. Car depuis janvier et leur dernière rencontre, des expertises ont montré « sans équivoque que l'incapacité de certaines personnes, pouvant aller de 40 à 60 %, était due aux surirradiations et non pas à l'évolution de la maladie. Ces gens sont dans une dépendance complète et ont besoin d'aides financières. Or, le CHU et son assureur m'ont répondu que nos demandes de provisions étaient prématurées... Ils jouent la montre alors qu'ils s'étaient engagés à indemniser rapidement », assure-t-il. Robert-François Rastoul se dit prêt à saisir les juridictions adéquates si les dossiers n'avancent pas.

Aujourd'hui, il devrait trouver un allié en l'avocat de l'association SOS Irradiés, qui rassemble pas moins d'une soixantaine de victimes. « Dans huit des dix expertises réalisées sur les patients de l'association, les experts disent : "On se revoit dans un an", indiquant qu'il s'agit d'un prérapport. Mais il faut que les indemnisations débutent maintenant, comme s'y était engagé Claude Evin », rappelle Christophe Léguevaques. Les victimes comptent donc sur le pouvoir de persuasion de l'ancien ministre de la Santé pour débloquer la situation et les premiers fonds. ■