Toulouse : Si t’es « garé comme une merde », gare au hashtag… et aux caméras

VELO Le phénomène « Garé comme une merde », avec son #GCUM, a gagné des cyclistes toulousains en colère. Mais la honte numérique n’est pas la seule menace sur les automobilistes sans-gêne, la mairie va muscler la vidéoverbalisation. Partout

Hélène Ménal
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Une voiture garée en vrac sur une piste cyclable. Illustration.
Une voiture garée en vrac sur une piste cyclable. Illustration. — G. Varella - 20 Minutes
  • A Toulouse des cyclistes ont adopté le hashtag GCUM, pour « Garé comme une merde » pour dénoncer les automobilistes qui confondent les pistes cyclables avec des parkings.
  • Le fléau, qui inquiète les adeptes de la bicyclette, sera de façon imminente visible ailleurs que sur les réseaux sociaux.
  • La généralisation de la vidéoverbalisation à l’ensemble des caméras de la ville va permettre des patrouilles, visuelles, et des amendes bien réelles.

Un instant de célébrité honteuse sur les réseaux sociaux. C’est ce que des cyclistes toulousains exaspérés de devoir jouer à saute voitures sur les pistes cyclables ont décidé d’offrir, vertement ou avec malice, aux automobilistes qui se garent sans vergogne sur ces couloirs réservés. Ils accompagnent leurs tweets rageurs ou leurs posts Instagram du hashtag GUCM pour « Garé comme une merde ». Il a été inventé et popularisé par un collectif d’automobilistes pour tancer les pires d’entre eux, mais dans la Ville rose, ce sont des cyclistes qui s’en sont emparés.

L’association 2pieds2roues, défenseuse très influente des modes doux, n’hésite pas à retweeter à l’occasion des #GCUM mais ne l’utilise pas directement. « Nous n’avons pas arrêté de position officielle mais il faut que ce soit fait avec humour, car nous savons que ça peut susciter des réactions parfois très violentes », souligne son président Boris Kozlow. S’il est prudent sur la méthode, il applaudit des deux mains le diagnostic : « Il y a les automobilistes mais aussi les livreurs ou les deux-roues motorisés garés en enfilade. C’est un véritable fléau qui dans beaucoup de zones met les cyclistes et piétons en danger ». L’association pointe des « points noirs », en particulier dans les zones commerçantes, comme l’avenue des Minimes, la rue Bayard, l’avenue d’Albi, la grand-rue Saint-Michel ou encore le rond-point de la Patte-d’Oie où de nombreux fumeurs font des arrêts minutes pour s’approvisionner au tabac.

Des « patrouilles de vidéoverbalisation » dans toute la ville

Ces zones de conflit, Maxime Boyer, le nouvel adjoint en charge de la circulation et des modes doux, les connaît. Et pour cause, chaque coup de sang, lui est le plus souvent aussi notifié. « Les cyclistes sont des twittos expérimentés », plaisante celui qui trouve que #GCUM est un mode « original » de « rappel au civisme ». Il assure qu’il « étudie avec les services » toutes les situations signalées. Mais il ne suffit pas de signaler ou d’être un lanceur d’alerte, il faut dit-il « passer à la répression ».

Et dans ce domaine, un palier va être franchi dans les tout prochains jours. Le système de vidéoverbalisation de la police municipale jusqu’ici cantonné à l’octogone de l’hypercentre va être étendu à l’ensemble des 450 caméras de la ville. « Nous avons l’agrément de la préfecture, il nous reste à disposer les panneaux de signalement et à nous organiser en interne », indique Emilion Esnault, l’adjoint à la Sécurité. Entre 10.000 et 11.000 stationnements gênants ou très gênants, y compris l’empiètement sur les pistes cyclables, sont verbalisés – 135 euros – pour l’heure tous les ans en centre-ville. Une fois le système étendu, l’élu prévoit d’organiser des « patrouilles de vidéoverbalisation », des plages de visionnage intensif des endroits qui posent problème. A commencer par le boulevard devant la gare avec ses voitures garées en double file, mais aussi les lieux où les pistes cyclables servent régulièrement de parking.

Quant au hashtag GCUM, Emilion Esnault se montre sceptique. « Un tweet ne vaut pas verbalisation, remarque-t-il. Ce qu’il faut faire, c’est appeler Allo Toulouse, nous sommes très réactifs ». #05 61 222 222, alors.