Toulouse : Pour « améliorer l’ordinaire », une bande d’étudiants crée sa start-up et centralise les jobs d’appoint

COUP DE POUCE Créée par des étudiants, une conciergerie facilite la recherche des petits boulots et propose des services parfois originaux. Elle connaît un bon démarrage à Toulouse

Hélène Ménal
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Une étudiante toulousaine, dans sa chambre. Illustration.
Une étudiante toulousaine, dans sa chambre. Illustration. — F. Scheiber - Sipa
  • La Conciergerie d’étudiants facilite la recherche de jobs d’appoint ;
  • Mise sur pied par des étudiants eux-mêmes, elle propose évidemment des heures de ménage mais aussi des services plus originaux comme du coaching sportif.
  • Elle joue les intermédiaires avec les particuliers et permet à ses jeunes « agents » de gagner du temps.

Avant, pour financer ses sorties sans faire trop de sacrifices, Camille faisait du « boîtage ». La Toulousaine, étudiante en école de commerce, glissait ses offres de cours de maths au hasard des boîtes aux lettres quand elle ne perdait pas un temps infini sur les groupes Facebook spécialisés mais aux délimitations géographiques floues. Mais maintenant, elle ne se « prend plus la tête ». La semaine dernière, quand elle a aidé trois heures durant un collégien de 6e à se remettre à niveau en maths, le rendez-vous est arrivé par notification. Car Camille est désormais inscrite à la Conciergerie d’étudiants. Elle a simplement donné ses créneaux de disponibilité et ses domaines de compétence, la plateforme se charge de faire « matcher » le tout avec les besoins d’un parent débordé ou d’une grand-mère en manque de mobilité.

La Conciergerie d’étudiants est née en terre alsacienne, de façon très artisanale, en plein confinement. « Les petits boulots avaient disparu et avec les copains on faisait du porte-à-porte pour en trouver », se souvient Quentin Hopp, son fondateur. Depuis, il poursuit son cursus à Bordeaux, et l’idée de jouer les intermédiaires pour vanter « la polyvalence des étudiants » et « améliorer l’ordinaire » est devenue une start-up qu’une bande de jeunes de toute la France font tourner, essentiellement grâce aux réseaux sociaux. Et la formule démarre plutôt bien à Toulouse et Bordeaux.

Parce qu’ils sont étudiants eux-mêmes, les responsables font les choses bien. « Nous payons au-dessus du Smic, 13,20 euros bruts, entièrement reversés à l’étudiant qui a rempli la mission », assure Quentin Hopp. Ils ont aussi réfléchi à la sécurité des jeunes prestataires. « Si je suis inquiète, mal à l’aise, en arrivant chez quelqu’un, je peux alerter la conciergerie d’un simple message rapide, ils se chargent de prévenir la police », explique Camille.

Feuilles d’automne et ampoule à remplacer

Au-delà du temps de recherche gagné pour ses « agents », la plateforme se distingue par son éclectisme. La Conciergerie propose des suivis diététiques et même des abonnements pour bénéficier d’un coach sportif en herbe. Puis, on a beau étudier les maths, on peut être doué pour la déco, ou le ménage.

« Quand la mission nous paraît trop complexe et que nous estimons que l’étudiant n’a pas la formation, nous refusons », précise le fondateur. Mais cela laisse tout de même un vaste champ de possibilités. Parmi la grosse centaine d’étudiants inscrits, certains ont repeint un appartement, ramassé des feuilles d’automne et même aidé à décorer une maison pour Halloween. L’un d’entre eux s’est même déplacé pour changer une ampoule chez une personne âgée.

Et Camille, qui ne perd pas le nord, estime déjà avoir étoffé son CV. « A la rubrique expérience professionnelle, un service de conciergerie, c’est quand même plus valorisant que d’écrire qu’on a fait du baby-sitting. »