Toulouse : On vous dit pourquoi certaines poubelles attendent toujours d’être collectées dans l’agglomération

DECHETS Opposés à la décision de Toulouse Métropole de mettre fin au système du « fini-parti » à partir de janvier, une grande partie des éboueurs appliquent depuis lundi à la lettre la réglementation et de fait, ne terminent pas leur tournée sur le temps imparti

B.C.
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Des éboueurs de Toulouse lors de la collecte des déchets (Illustration).
Des éboueurs de Toulouse lors de la collecte des déchets (Illustration). — B. Colin / 20 Minutes
  • Depuis la semaine dernière à Colomiers et cette semaine dans les autres communes de Toulouse Métropole, certaines poubelles de déchets ne sont pas collectées.
  • Pour dénoncer la fin programmée du système du « fini-parti », les éboueurs ont décidé d’appliquer à la lettre les règlements, montrant que l’arrêt du système enraillait la machine.
  • Toulouse Métropole, qui s’appuie sur la nouvelle loi prévoyant l’alignement de tous les agents territoriaux aux 35 heures hebdomadaires, indique qu’elle veut assurer les conditions de sécurité et de santé de ses agents.

Depuis le début de la semaine, les poubelles de certaines rues de Toulouse, Colomiers ou encore L’Union n’ont pas été collectés. Pourtant, les éboueurs ne sont pas en grève et tous ont entamé leurs tournées comme à leur habitude. A la différence, qu’ils ont décidé d’appliquer toutes les réglementations à la lettre, que ce soit les pauses ou le Code la route, qui empêche par exemple de monter sur les trottoirs.

C’est la méthode qu’ils ont choisie, soutenu par l’intersyndicale, pour dénoncer la fin programmée du « fini-parti », ce système qui permet aux agents de s’arrêter de travailler une fois leur tournée terminée quelle que soit l’heure. Les responsables de Toulouse Métropole ont annoncé au début du mois qu’ils comptaient y mettre un terme en janvier prochain. Un moyen pour la collectivité de se mettre en conformité avec la loi de transformation de la fonction publique qui impose aux agents territoriaux de travailler désormais 1.607 heures par an, soit 35 heures par semaine, contre 25 heures actuellement en moyenne selon la métropole.

Application de toutes les règles à la lettre

Cette décision a soulevé un vent de fronde. Mais à la traditionnelle grève, une grande partie des éboueurs a choisi de démontrer que la fin du « fini-parti » serait contre-productive. En respectant l’ensemble des règles de sécurité, certaines équipes ne sont pas arrivées au bout de leur tournée à midi, l’heure à laquelle elles terminent leur travail.

« Désormais ils appliquent le règlement, font leurs pauses. Car ce que les Toulousains ne savent pas c’est que le "fini-parti" se fait sans temps de pause », explique Benoît Fontanilles, du syndicat autonome. Dans un courrier adressé au président de Toulouse Métropole, Jean-Luc Moudenc (LR), l’Intersyndicale déplore que « cette décision, prétendument prise dans l’intérêt de nos collègues, ne peut viser à améliorer leurs conditions de travail alors que depuis deux ans maintenant vos équipes n’ont eu de cesse de diminuer les effectifs et d’augmenter la charge de travail dans chacun de leur secteur d’intervention ».

Les organisations syndicales ont rendez-vous la semaine prochaine pour un nouveau comité technique sur cette question. En attendant, les éboueurs sont bien décidés à continuer à faire du zèle.