La prime qui casse le marché de l'occas

Julie Rimbert

— 

La prime à la casse ne fait pas le bonheur des vingt-deux recycleurs d'automobiles agréés de la Haute-Garonne. A l'occasion de leur réunion interrégionale, les professionnels de la casse ont tiré hier un premier bilan de cette mesure gouvernementale, instituée début décembre. Elle permet à un acheteur d'une voiture particulière, neuve et peu polluante, de bénéficier d'une prime de 1 000 euros s'il se débarrasse d'un véhicule de plus de dix ans. Si le nombre de voitures envoyées à la casse augmente, les professionnels constatent en revanche un appauvrissement du marché de l'occasion. « Cette mesure profite avant tout aux concessionnaires, qui boostent leurs ventes de véhicules neufs, mais a un effet inverse sur le marché de l'occasion et des pièces détachées, explique Pierre Vidal, président de la branche recycleurs en Midi-Pyrénées. Les ménages à petits salaires, qui réparaient leur voiture à moindre frais avec des pièces d'occasion, sont donc pénalisés et n'ont pas les moyens de se racheter un véhicule neuf. » De leur côté, les concessionnaires toulousains admettent que les ventes de voitures neuves, de petit gabarit, ont augmenté depuis décembre.

En 2007, plus de 10 000 voitures ont été prises en charge par les casses de Haute-Garonne. Les recycleurs estiment que le nombre de voitures amenées dans leurs entreprises a augmenté de 37 %. Ce qui pose des problèmes de gestion de personnel. « Je traite cinq fois plus de véhicules depuis décembre, témoigne Laurent Herail, responsable de Surplus Auto, à Toulouse. J'ai donc eu recours à des travailleurs intérimaires, car la prime à la casse n'est valable qu'en 2009. Cette mesure déstabilise le marché. » ■