Toulouse : Les maires de 27 communes du nord-est toulousain vent debout contre le parking payant de la clinique de l’Union

STATIONNEMENT Après avoir lancé une pétition contre le passage au payant du parking de la clinique de L’Union, 27 maires appellent ce samedi à une mobilisation citoyenne devant l’établissement de santé

Béatrice Colin
Le parking de la clinique de L'Union, au nord est de Toulouse, soulève un vent de contestation de la part des élus.
Le parking de la clinique de L'Union, au nord est de Toulouse, soulève un vent de contestation de la part des élus. — B. Colin / 20 Minutes
  • Depuis janvier dernier, le parking de la clinique de L’Union est passé payant pour mettre fin aux voitures ventouses et contribuer à son entretien et sa modernisation selon le groupe Ramsay qui la gère.
  • Depuis, un collectif de 27 maires du nord-est toulousain s’est constitué pour demander le retour de la gratuité.
  • Ce samedi, ils appellent à une mobilisation citoyenne à 15 heures devant l’établissement de soins.

« Une citoyenne nous a dit qu’elle avait dû débourser 170 euros sur trois mois pour aller voir son mari hospitalisé, alors qu’elle gagne 920 euros par mois ». Marc Péré, le maire (DVG) de L’Union, et 26 autres édiles du nord-est toulousain sont remontés contre le passage au payant du parking de la clinique de l’Union en janvier dernier. En début d’année, ils avaient lancé une pétition qui avait réuni plus de 17.000 signatures.

Ce samedi, à 15 heures, les élus de tous bords politiques ont décidé de lancer un appel collectif à la mobilisation citoyenne pour demander le retour de la gratuité pour tous et tenter de faire changer la direction de cet établissement du groupe Ramsay, qu’ils ont sollicité à plusieurs reprises par courrier pour voir aboutir leur demande.

Personnes aux faibles revenus

Pour réduire la facture, et répondre aux sollicitations, l’établissement de soins avait mis en place la gratuité de la première demi-heure, des exemptions de facturation ou des réductions dans certains cas, notamment pour les personnes handicapées ou suivant des soins chroniques comme la chimiothérapie. Un forfait de 9 euros par mois est proposé pour ceux venant régulièrement.

« Ainsi, plus de 35 % des utilisateurs bénéficient d’une gratuité totale de stationnement, soit un visiteur sur trois. Le ticket moyen est de 2,20 euros ce qui est très inférieur aux stationnements payants municipaux et semblables aux tarifs pratiqués par les autres établissements hospitaliers publics et privés de l’agglomération toulousaine », insiste le groupe Ramsay qui a enregistré 600.000 euros de recettes cette année qui « participeront aux investissements d’entretien, maintenance des installations et sécurisation des accès ».

« Tout le monde n’est pas au courant et ce qui nous désole c’est que rien ne soit fait pour les personnes à faibles revenus, à la retraite. A cet âge-là, on a besoin des services de la clinique, mais avec un parking payant se pose à eux la question de venir moins souvent ou de rester moins longtemps », insiste Bruno Espic, le maire de Saint-Jean, la commune sur laquelle est installé la clinique.

Poursuites de la clinique en cas de débordements

Pour justifier la mise en place de ce parking payant, la direction du groupe Ramsay, propriétaire de l’établissement, avait indiqué vouloir aussi mettre fin au système de voitures ventouses. « Un faux problème, car il n’y a pas de métro à proximité et les bus passent toutes les demi-heures. Ils ont fait la même chose dans d’autres cliniques, il y a surtout un aspect financier », assure Marc Péré.

Une critique dont se défendent la clinique de L’Union et le groupe Ramsay Santé « qui n’a pas versé de dividendes à ses actionnaires depuis 2014 ». Face à la mobilisation citoyenne, l’établissement de soins et sa maison mère ont fait « part de leur vive inquiétude », notamment vis-à-vis de la fréquentation et la sécurité de son site, en particulier des urgences le week-end. « Cette prise en charge sécurisée ne saurait être garantie au vu de l’invitation explicite au "débordement populaire". De ce fait, la clinique en appelle à la responsabilité des élus et engagera des poursuites dans le cas de dégradations matérielles survenues lors de ce rassemblement ou en cas de limitation des accès aux soins du fait d’un quelconque empêchement », conclut le groupe Ramsay dans un communiqué.