Toulouse : Comment les caméras vont traquer les infractions routières et contrôler le stationnement

VIDEOVERBALISATION La police municipale de Toulouse s’apprête à étendre la vidéoverbalisation à l’ensemble de la ville et des infractions routières, avant de contrôler automatiquement les dépassements de stationnement

Hélène Ménal
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Une des 450 caméras de vidéoprotection en service à Toulouse.
Une des 450 caméras de vidéoprotection en service à Toulouse. — F. Scheiber - Sipa
  • A Toulouse, la vidéoverbalisation s’étendra à partir de fin novembre à l’ensemble de la ville.
  • Depuis leurs écrans, les policiers municipaux traqueront notamment les « runs » et comportements dangereux.
  • En 2022, le saut technologique concernera le stationnement grâce à un système automatique – et rapide – de lecture des plaques relié aux données des parcmètres.

Depuis 2016 à Toulouse, 11.0000 PV par an sont dressés à distance par les policiers municipaux ou des agents assermentés depuis le mur d’images de leur PC sécurité grâce aux caméras de vidéoprotection. Ces « prunes » concernent essentiellement des stationnements anarchiques, sur des places handicapés, des passages piétons ou des pistes cyclables. Surtout, elles sont cantonnées à l’intérieur des boulevards.

Mais à partir de fin novembre, cette vidéoverbalisation passera à la vitesse supérieure. Elle s’effectuera via la totalité des 454 caméras du territoire communal et elle concernera l’ensemble des infractions routières. « C’est un outil qui peut nous permettre par exemple d’engager des procédures en matière de rodéos urbains », souligne Emilion Esnault, l’adjoint en charge de la Sécurité. « Les cortèges de mariage aussi », insiste le maire Jean-Luc Moudenc (LR) songeant aux bruyants défilés qui, dans l’euphorie, s’affranchissent des zones piétonnes. L’idée est de mettre en place des « missions vidéoverbalisation » ponctuelles, notamment dans les secteurs où des comportements dangereux sont signalés par les riverains.

Un contrôle rapide et exhaustif du stationnement

Et ce n’est qu’un avant-goût puisque, après les chauffards, ce sont les réfractaires au paiement du stationnement, soit selon les statistiques à peu près 70 % des Toulousains qui devront se tenir à carreau. La mairie va en effet, comme le font déjà Paris ou Marseille, doter ses agents de surveillance de la voie publique (ASVP) de « quatre à cinq » véhicules équipés du système Lapi (lecture automatisée des plaques d’immatriculations). En passant simplement dans la rue, ces voitures seront en mesure de croiser les plaques avec celles enregistrées dans le parcmètre ou avec les fichiers du stationnement résident. L’agent à l’intérieur n’aura plus qu’à valider manuellement les resquilleurs.

L’ambition est de pouvoir contrôler « au moins une fois par jour », les 16.300 places de stationnement payant étalées sur 119 km de voirie. « L’enjeu est de faire respecter les durées de stationnement et d’avoir un meilleur taux de rotation », explique Emilion Esnault qui veut aussi libérer du temps au ASVP pour contrôler les zones bleues, où le stationnement est gratuit mais limité dans le temps.

Un système qui soulève encore des questions

L’arrivée opérationnelle du système Lapi est annoncée pour le « premier semestre 2022 » et va donner lieu d’ici là à une phase d’expérimentation pour régler les nombreux problèmes pratiques qu’il pourrait poser. Par exemple, si par malchance la voiture Lapi passe entre le moment où l’on se gare et celui où l’on valide le paiement au parcmètre du bout de la rue. Il y a aussi le cas des personnes à mobilité réduites, dispensées de paiement. Devront-elles se compliquer la vie en enregistrant tout de même leur plaque dans l’horodateur ? Ou signaler toutes les voitures de leurs accompagnateurs à la mairie ? Réponse dans quelques mois.