Toulouse : Vous avez les (mauvaises) odeurs de la station d’épuration dans le pif, devenez un « nez » pisteur de nuisances

ENVIRONNEMENT Eau de Toulouse Métropole lance un appel aux riverains de la station d'épuration de Ginestous, afin de constituer son jury de nez, pisteurs de nuisances olfactives

Béatrice Colin
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Pour détecter les mauvaises odeurs de la station d'épuration de Ginestous-Toulouse, une vingtaine de riverains est appeléé à devenir des nez
Pour détecter les mauvaises odeurs de la station d'épuration de Ginestous-Toulouse, une vingtaine de riverains est appeléé à devenir des nez — B. Colin / 20 Minutes
  • La station d’épuration de Ginestous, à Toulouse, est souvent pointée du doigt pour ses nuisances olfactives.
  • Alors qu’un programme de travaux de réduction des mauvaises odeurs est lancé depuis l’an dernier, le gestionnaire lance un appel aux riverains.
  • Les volontaires seront formés pour détecter les mauvaises odeurs et feront partie d’un jury de nez.

Ginestous et les mauvaises odeurs, c’est une longue histoire qui n’a échappé à aucun Toulousain lors de son passage à proximité de la station d'épuration, installée à côté du périphérique. Selon les vents, les jours de match à Ernest-Wallon, les supporteurs du Stade Toulousain se bouchent le nez, et de leurs côtés, les riverains rêvent de ne plus avoir à le faire dès potron-minet.

Pour limiter ces nuisances olfactives, en septembre 2020, un vaste plan de modernisation de l’usine de dépollution des eaux usées a été lancé et doit s’achever l’an prochain. Il est accompagné d’un programme de réductions des odeurs. Il faut dire que chaque jour, le site traite 160.000 m3 d’effluves produits par 950.000 habitants de la métropole toulousaine.

Après avoir éliminé les boues, désormais traitées par méthanisation, les émanations ont été réduites. Elles devraient encore être moins intenses à la fin de l’année prochaine lorsque l’ensemble du chantier d’amélioration sera achevé. Mais perdurent de temps en temps. « Depuis trois semaines, beaucoup d’odeurs circulent. Il se passe certainement quelque chose et on devrait être au courant », pointe Régis Mirabel, un membre du comité de quartier Minimes-Barrière de Paris, membre de la commission de suivi du site de Ginestous.

Formation et application en temps réel

Dans le cadre du plan de réductions des odeurs, des capteurs ont été installés pour remonter l’origine de l’effluve, mais Eau de Toulouse Métropole, le gestionnaire du site via son délégataire Suez, a décidé de faire appel à l’odorat des riverains en créant un jury de nez. Elle recrute ainsi une vingtaine de volontaires, prêts à pister les nuisances olfactives. « Nous allons les former à reconnaître les odeurs en novembre. Grâce à une application ils pourront les déclarer et dire où ils se trouvaient et à quelle heure ils l’ont senti. De notre côté, cela nous permettra de voir s’il y a eu un incident à ce moment précis et de pouvoir rechercher la cause », explique Cécilia Cazaban, responsable communication à Eau de Toulouse Métropole qui va aussi former en parallèle ses agents.

Une expérience du même type avait déjà été menée en 2006, à une époque où les nuisances olfactives étaient plus importantes, sans vraiment porter ses fruits. Si ce « jury de nez » est une avancée pour les riverains, il ne doit pas masquer non plus l’objectif à atteindre du « zéro odeurs » présenté en 2018.

« Il y a cinquante ans, autour de la station de Ginestous, c’était la campagne. Depuis, il y a eu un important développement de l’urbanisation. Ce qui nous importe c’est la sécurité et la santé des habitants qui se trouvent à proximité et de connaître l’état d’avancement des travaux pour le traitement de l’air pollué », conclut Marcel Martin du collectif Ginestous 2000 et membre du comité de quartier des Sept-Deniers.