Toulouse : Un observatoire pour lutter contre la LGBT-phobie dans les établissements scolaires

EDUCATION Pour endiguer la montée des insultes et agressions homophobes et transphobes dans les établissements scolaires, l’académie de Toulouse vient de mettre en place un observatoire de la LGBT-phobie

Béatrice Colin
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Un observatoire des LGBT+phobies a été installé par l'Académie de Toulouse.
Un observatoire des LGBT+phobies a été installé par l'Académie de Toulouse. — Sharon McCutcheon / Pixabay
  • De plus en plus d’agressions et cas d’insultes LGBT-phobes sont enregistrés en milieu scolaire.
  • L’académie de Toulouse vient d’installer son observatoire pour trouver des solutions face à ce phénomène et déployer des actions.

Elles peuvent prendre la forme d’insultes, de cyberharcèlement ou encore de violences physiques. Les  LGBT-phobies sont loin d’être absentes des établissements scolaires. Selon plusieurs enquêtes, ce serait même le lieu au sein duquel ces agressions seraient les plus courantes, avant la rue et les transports en commun.

Un sondage réalisé en 2018 a montré que 26 % des personnes LGBT déclarent y avoir fait l’objet d’injures ou de menaces verbales, 13 % d’une ou plusieurs agressions physiques. Pour endiguer ce phénomène, l’académie de Toulouse a mis en place ce lundi un observatoire consacré à ces questions. « Il a plusieurs objectifs, explique Mostafa Fourar, le recteur. Il doit permettre de mieux repérer, car souvent ces faits ne sont pas signalés, les victimes n’osent pas en parler. Il est là aussi pour mieux accompagner, pour travailler à déconstruire les préjugés et à sensibiliser dès le plus jeune âge, à mieux valoriser aussi. »

Des élèves, des responsables pédagogiques, des représentants de parents d’élèves des associations qui interviennent dans les collèges ou lycées ou encore des personnalités de la société civile font partie de cette nouvelle instance, qui doit se réunir au moins deux fois par an.

« C’est un point de départ important pour engager une réforme, pour permettre aux chefs d’établissement et aux professeurs d’arriver avec une connaissance et des outils. Je suis particulièrement concernée par les questions de transidentité puisque je suis une femme trans », a expliqué Sandra Forgues, championne olympique de canoë et présidente du conseil d’administration du Centre de ressources d’expertise et de performance sportive (Creps) de Toulouse.

Plus de formation du corps enseignant

Savoir comment réagir lorsqu’on est confronté à des insultes dans une cour d’école et avoir des documents auxquels se référer font partie des pistes étudiées. « Il y a aussi un manque de formation, témoigne Emilie Pique, proviseure adjointe au lycée Mitterrand de Moissac, dans le Tarn-et-Garonne. Lorsqu’il y a des formations, elles sont souvent suivies par ceux qui se sentent déjà concernés. Or il faudrait que tout le monde puisse y avoir accès. Nous sommes aussi parfois confrontés à des difficultés techniques, certains sont frileux, par exemple, à changer le prénom d’usage des élèves. La mention du sexe est obligatoire dans Pronote, or il y a des élèves qui ne se ressentent ni fille ni garçon, on est aussi obligés de les genrer sur les bulletins. »