Toulouse : De retour, les bouchons sont-ils pires qu’avant la pandémie ?

TRAFIC Depuis la rentrée, les embouteillages font un retour remarqué sur le périphérique de Toulouse. Cette semaine, ils ont retrouvé quasiment leur niveau d’avant la crise sanitaire. Explications

Hélène Ménal
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Un embouteillage sur la rocade de Toulouse. Illustration.
Un embouteillage sur la rocade de Toulouse. Illustration. — Bordas - Sipa
  • Mais où est passé le télétravail ? Depuis la rentrée, la congestion du trafic toulousain rattrape progressivement son niveau de 2019.
  • Pourtant, au printemps, Toulouse avait su conserver en partie les « courbes vertueuses » héritées des confinements.
  • Toulouse métropole constate qu’au-delà de la voiture, « toutes les mobilités » connaissent une forte accélération.

C’est presque la seule chose qui pourrait nous faire regretter les confinements. Ces dizaines de minutes perdues, à faire du surplace, pare-chocs contre pare-chocs, sur la rocade. « C’est pire qu’avant le Covid​, non ? ». Ces propos de machine à café sont-ils le reflet de la réalité ou une interprétation inconsciente d’ex-télétravailleurs qui supportent moins bien les embouteillages ? Un peu des deux. Selon les données de trafic agrégées par l’opérateur Tom Tom, grâce aux GPS des téléphones portables notamment, la congestion moyenne aux heures de pointe à Toulouse, soit le rallongement du temps de parcours habituel, a été de 68 % ce mois-ci. C’est moins que les 75 % de septembre 2019, mais c’est un niveau qui n’avait plus été atteint depuis l’hiver 2109-2020 et les choses empirent rapidement.

Ce jeudi matin, à 8 heures, l’indice de dégradation était de 82 %, 10 % de plus qu’un jeudi équivalent en 2019, sans qu’on puisse le mettre sur le dos de la pluie. Et depuis lundi, la congestion du trafic aux heures de pointe du matin dépasse régulièrement celui de septembre 2019. « Comme dans les autres grandes villes de France, on est en train à Toulouse de rattraper les standards des mauvaises semaines de 2019 », analyse Vincent Martinier, directeur marketing de Tom Tom. Même avec une nouvelle section de rocade à 2 X 3 voies. « Les bonnes habitudes prises se perdent, c’est le retour des vieux démons », ajoute le spécialiste. Et c’est d’autant plus dommage qu’au printemps, contrairement à Marseille, Paris ou Lyon, la Ville rose était « sur une courbe vertueuse », bien en deçà encore des embouteillages d’avant Covid-19.

Une reprise beaucoup plus rapide qu’attendue dans les transports en commun

Les services de Jean-Michel Lattes, vice-président de Toulouse métropole en charge de la Mobilité, ont aussi noté la hausse des courbes du trafic automobile en cette rentrée. Mais l’élu voit le verre à moitié plein. « Cela traduit un retour de Toulouse à une meilleure situation économique », dit-il. Celui qui est aussi président de Tisséo Collectivités se réjouit d’autant plus qu’il note « une reprise des déplacements tous azimuts ». « Il y a davantage de voitures mais aussi de vélos et d’usagers dans les transports en commun, souligne Jean-Michel Lattes. Nous avons délivré autant de cartes Pastel en cette rentrée qu’en septembre 2019 et alors que nous ne pensions pas retrouver le trafic record de 2019 sur le réseau Tisséo avant 2023 nous estimons maintenant que nous pourrons l’atteindre dès le mois de décembre ».

Au-delà des trajets domicile-travail il y a aussi des signes que l’appétit pour les petites et grandes sorties revient au galop. Vendredi soir dernier, la congestion du trafic était carrément de 100 % aux sorties de Toulouse, un taux extrême pas atteint depuis longtemps et témoin d’une énorme vague de départs en week-end. Intra-muros, trois semaines après le prolongement des horaires du métro jusqu’à 3 heures du matin le jeudi, la fréquentation nocturne est déjà passée de 5.000 à 7.000 usagers.