Toulouse : Comment expliquer l’été sur orbite de la Cité de l’Espace

SCIENCE Malgré le Covid-19, la Cité de l’Espace de Toulouse a connu le plus bel été de son existence en termes de fréquentation. Est-ce un effet Thomas Pesquet ? « 20 Minutes » vous explique ce pouvoir d’attraction

Hélène Ménal
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La Cité de l'Espace a battu son record de fréquentation au cours de l'été 2021.
La Cité de l'Espace a battu son record de fréquentation au cours de l'été 2021. — Cité Espace
  • La Cité de l’espace a fêté officiellement ce jeudi son 7.000.000e visiteur. Une élève ingénieure venue en juin.
  • Elle a participé à sa façon à une période faste pour le parc scientifique qui a battu, malgré le Covid-19, son record absolu de fréquentation estivale.
  • Le tourisme franco-français, un pass sanitaire bien accepté et, surtout, l’actualité spatiale, entre Perseverance et Thomas Pesquet, expliquent cet engouement.
  • Le parc scientifique a pu rester sur le devant de la scène même quand il était fermé.

« Mission Tessa » pour Claudie Haigneré ce jeudi à Toulouse. Celle qui est devenue il y a vingt-cinq ans la marraine de la future Cité de l’Espace en direct depuis la station Mir, au détour d’une visio d’un autre siècle avec Dominique Baudis, resté fidèle au parc scientifique. La tâche du jour de la première femme française et européenne dans l’espace était plus terre à terre : offrir une exploration privée du site à la 7.000.000e visiteuse qui a franchi les portillons. Tessa en l’occurrence, élève ingénieure à l’Insa Toulouse, originaire de la région de Nantes et curieuse à souhaits.

La jeune fille a décroché la lune – et un pass à vie le 10 juin. « En fait, j’avais vu Claudie Haigneré commenter en direct depuis la Cité de l’Espace le départ de Thomas Pesquet vers l’ISS », raconte-t-elle. Elle a donc eu l’idée d’offrir à son frère Tom, pour ses dix-huit ans, un ticket pour le parc qu’elle ne connaissait jusqu’ici qu’à travers les panneaux touristiques plantés en bord de rocade.

Fréquentation record cet été

Elle inaugurait alors sans le savoir un été touristique historique, et assez imprévisible tant la crise sanitaire s’avérait interminable, à la Cité de l’Espace. Entre le 1er juillet et le 31 août, le parc a accueilli 119.312 curieux. C’est tout simplement son meilleur été en 24 ans d’existence (5 % de plus que le précédent record en 2019) en dépit de l’éclipse des touristes étrangers, passés de 20 à 7 % du public estival.

Alors comment expliquer cette improbable performance ? « L’an dernier, on était dans une phase Covid où les gens sont plutôt allés à la montagne, à la campagne ou sur le littoral. Cette année, on a vu globalement en France que le public est revenu vers le tourisme urbain et vers des sites comme le nôtre. Il a eu aussi envie de, je dirais, se rouvrir l’intelligence », avance Jean-Baptiste Desbois, le directeur. Et le pass sanitaire, mis en place le 21 juillet dans les lieux culturels, a même provoqué un petit rush juste avant, sans vraiment plomber les semaines suivantes.

Pequet, « Perseverance »…

Enfin, comme troisième raison de la force d’attraction, le responsable cite « l’actualité spatiale » qui, elle, ne s’arrête pas : « Nous célébrons les grands événements spatiaux et sur le très court terme, il y a eu l’arrivée de Perseverance sur Mars dans laquelle Toulouse est fortement impliquée » dit-il, puis celle du premier rover chinois sur Mars, puis le 23 avril, le redécollage de Thomas Pesquet vers l’ISS dont les visiteurs suivent encore en live la mission Alpha dans le nouveau « carré d’actu ». Pour ces grandes dates, la Cité était fermée. Mais, elle s’est affirmée à chaque fois, « avec l’appui de la filière », comme le QG médiatique et scientifique de l’événement. Même confinée, elle a continué sa mission. La preuve avec Tessa.

La nouvelle salle de contrôle de la Cité de l'Espace.
La nouvelle salle de contrôle de la Cité de l'Espace. - Manuel Huynh - Cité de l'Espace

Les prochains coups de stress se profilent avec « la prise de commandement de l’ISS par Thomas Pesquet », prévue pour début octobre, et son retour en novembre. Cette fois, la Cité sera ouverte. Il n’y aura plus d’écran entre les scientifiques et le public.