Toulouse : Le Capitole va mettre un coup d’accélérateur sur les zones limitées à 30 km/h

MOBILITES Le maire de Toulouse a annoncé le passage progressif de 80 % de la voirie de la Ville rose à 30 km/h, accompagné par une réorganisation de la circulation dans ces secteurs

Béatrice Colin
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Une zone limitée à 30 km/h à Toulouse (illustration).
Une zone limitée à 30 km/h à Toulouse (illustration). — B. Colin / 20 Minutes
  • A Toulouse, la mairie vient d’indiquer qu’elle allait accélérer le passage d’une grande partie des voies de circulation à 30 km/h, passant de 50 % aujourd’hui à 80 % à terme.
  • Pour l’élu à la circulation, Philippe Perrin, ce n’est pas un changement dogmatique, mais un moyen de répondre aux habitants des quartiers, sujets au trafic de transit intempestif.
  • Les militants du vélo y voient une bonne nouvelle, mais craignent que cela prenne énormément de temps en ne changeant pas radicalement de braquet sur la question, faisant des 50 km/h une exception, et non l’inverse.

Le 30 août, la majorité des rues de Paris passaient à 30 km/h. Dans la foulée, la ville de Limoges annonçait que l’ensemble de son centre-ville serait limité à la même vitesse dès le mois d’octobre. Un mouvement pour apaiser la circulation sur les territoires urbains qui a aussi trouvé un écho au Capitole. Le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, a en effet indiqué fin août qu’il voulait progressivement arriver à 80 % des voies de circulation à 30 km/h.

« Aujourd’hui, 50 % des rues sont à 30 km/h, nous allons augmenter progressivement et reproduire ce que nous avons déjà fait sur certains quartiers. Ce n’est pas du dogmatisme ou un changement de paradigme, contrairement à Paris, nous ne voulons pas faire de Toulouse un musée, là où il y a des voitures il faut qu’elles roulent. Nous voulons répondre aux demandes des Toulousains qui veulent voir la circulation automobile renvoyée sur les axes structurants », assure Philippe Perrin, conseiller municipal délégué à la circulation.

Limiter le trafic de transit dans les quartiers

Depuis l’arrivée des applications d’aide à la navigation, de nombreux conducteurs ont revu leur circuit, passant à travers les quartiers pour éviter les embouteillages des grandes voies de circulation aux heures de pointe. « C’est le cas pour 20 % du trafic ainsi dévié des grands axes à 50 km/h, ce sont des automobilistes en transit toujours pressés de gagner du temps. Dès que la rocade est bouchée, ils essaient de la contourner, comme à Papus », poursuit l’élu.

Sur ce secteur, le passage en zone 30 est à l’étude, accompagné d’une révision complète du plan de circulation. « Lorsqu’on réduit la vitesse dans certains secteurs, nous révisons la circulation et nous en profitons pour donner plus de place au vélo. On a ainsi réussi à pacifier le quartier du Busca », insiste l’ancien astronaute, qui a déjà planifié la mise en place de cette mesure du côté de la rue Legendre dans le quartier des Minimes, ou encore rue Aristide-Maillol et avenue Maxwell au sud de la ville.

Grande rue Saint-Michel bientôt à sens unique

Un vaste chantier se dessine dans le même esprit sur l’artère très passante de la Grande rue Saint-Michel. A compter de février prochain, cette rue qui relie le sud au centre-ville passera en sens unique et laissera plus de place aux vélos. Une expérimentation qui durera dix mois, et fera l’objet d’une concertation en amont cet hiver. « La rue doit appartenir à ceux qui la vivent, moins à ceux qui y passent », a affirmé en fin de semaine le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc.

Une réduction de la vitesse bien vue des militants du vélo en ville qui plaident depuis plus d’une dizaine d’années pour une ville à 30 km/h. « Que Toulouse l’annonce, sur le principe, c’est une bonne chose. C’est dommage que cela se fasse par étapes, nous serions pour inversions de la règle, pour une application de l’idéologie des 30 km/h partout et que les rues à 50 km/h soient l’exception. J’ai peur que cela prenne beaucoup de temps », ponctue Florian Jutisz, vice-président de l’association 2 pieds 2roues.

Ce dernier serait en particulier favorable à la création de boucles de circulation dans les quartiers, obligeant les véhicules à sortir par là où ils sont entrés, excluant de fait tout trafic de transit. « Nous avons proposé ainsi sur le quartier des Minimes d’inverser le flux de circulation dans le cadre des travaux d’une rue en travaux, ça n’a pas été retenu, ils sont encore un peu frileux. C’est comme les 20 km/h dans l’hypercentre, c’est bien, mais dans les faits il n’y a pas forcément les aménagements adéquats qui le font respecter », conclut le militant vélo.