Déambulateur, poussette ou fauteuil, la Flâneuse, l’invention toulousaine 3 en 1 qui facilite les visites culturelles

MOBILITE La Flâneuse peut servir de poussette, de déambulateur, de repose-sac ou de fauteuil roulant. Mise au point par une start-up toulousaine, l’invention va bientôt débarquer dans les lieux culturels

Hélène Ménal
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A la bibliothèque ou au musée, la flâneuse aide à déambuler ou... à s'asseoir.
A la bibliothèque ou au musée, la flâneuse aide à déambuler ou... à s'asseoir. — Thomas Baron
  • Frère et sœur, des inventeurs Toulousains ont mis au point une Flâneuse, un engin simple qui peut servir de déambulateur, de poussette ou de fauteuil (roulant ou pas).
  • L’idée est de les mettre en libre-service à l’entrée des lieux culturels pour les parents comme pour les personnes fragiles.
  • Testée cet été à la Cité de l’Espace, la flâneuse convainc. Toulouse métropole en a commandé une soixantaine d’exemplaires.

Vous avez déjà visité un musée avec un enfant sur les bras ? Ou senti une réticence chez les grands-parents de corvée du mercredi pour les sorties culturelles ? Alors, vous allez aimer la Flâneuse. Cet étrange appareil monté sur quatre roues, est en fait du « 3 en 1 ». « Il peut servir de déambulateur, de poussette, de fauteuil », résume Thérèse Donnet, l’inventrice avec son frère designer Yves Subarroque, de cet « outil » destiné à faciliter les déambulations dans les lieux culturels en particulier, et les établissements recevant du public en général.

Cette drôle d’idée ne sort pas de nulle part. Thérèse Donnet a longtemps travaillé dans le maintien de l’autonomie. Elle connaît par cœur « les stratégies d’évitement » que suscitent les déambulateurs, du parapluie qui sert de canne à l’abandon des sorties. « On apporte toujours une réponse médicale ou stigmatisante aux personnes fragiles », souligne-t-elle. D’où la Flâneuse, simple d’utilisation, ne nécessitant aucune maintenance et qui ne pointe personne du doigt. « Elle répond à l’ensemble des besoins des visiteurs que vous soyez jeunes, vieux, ou bien portant et simplement fatigué ». Avec ses sièges, à hauteur d’enfant d’un côté, et d’adulte de l’autre, son astucieux espace de rangement, elle peut aussi servir de repose-sac ou de refuge pour quitter la station debout pendant l’exposé d’un guide.

« Côté rigolo et ludique »

De l’inspiration au concept final, en tâtonnant parfois, la start-up E-Hé (pour errare humanum est, un « nom de code » qui est resté) a mis trois ans pour inventer la Flâneuse. Grâce à un partenariat industriel avec une usine de cycle des Hautes-Pyrénées, elle est prête à honorer ses premières commandes d’ici la fin de l’année. Car elle a pris le soin de tester la Flâneuse en conditions réelles. Des mini-flottes ont débarqué cet été à Toulouse au Couvent des Jacobins, à la Médiathèque ou à la Cité de l’Espace.

« De notre côté, le bilan a été très positif », s’enthousiasme Noemi Schosmann, chargée de l’accessibilité dans l’immense parc scientifique qui ne proposait jusque-là que des « fauteuils roulants qui renvoient immédiatement à un handicap et que les visiteurs juste gênés pour se déplacer n’osent pas prendre ». Après un moment de flottement, dû à la disposition des engins dans le hall d’accueil, les familles surtout, attirées par « son côté rigolo et ludique », ont adopté la Flâneuse. « Et le personnel d’accueil s’est senti à l’aise pour les proposer ou faire des démonstrations », ajoute Noemi Schosmann.

Convaincue elle aussi, Toulouse Métropole a passé commande pour 60 Flâneuses – 6 lots de 10 – et attend livraison pour la fin de l’année. Elle étudie aussi l’éventualité d’en mettre à l’entrée d’un lieu moins culturel mais tout aussi indispensable : les pompes funèbres.