Toulouse : Avec le creusement de la Ligne 3 du métro, des montagnes de terre cherchent un point de chute

GROS TONNAGE L’excavation de la ligne 3 du métro va générer des millions de mètres cubes de terre. Tisséo cherche d’ores et déjà des pistes pour les recycler

Hélène Ménal
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Le tunnelier Carlos-Gardel lors de la construction de la ligne B du métro de Toulouse.
Le tunnelier Carlos-Gardel lors de la construction de la ligne B du métro de Toulouse. — Romain Saada et Thierry - Tisseo Schneider
  • A Toulouse, l’excavation des futurs tunnels et stations de la ligne va générer 2,8 millions de mètres cubes de déblais.
  • Contraint par la loi, Tisséo cherche des idées pour évacuer et valoriser au mieux ces montagnes de terre.
  • Les pistes agricole ou du remblaiement de carrières sont classiques mais les ingénieurs espèrent s’en faire souffler de plus innovantes.

La troisième ligne du métro de Toulouse, annoncée pour fin 2028, sera hors-norme : longue de 27 kilomètres, autant que les deux premières réunies, et avec un tunnel plus large, elle va générer selon les calculs de Tisséo Ingénierie quelque « 2,8 millions de mètres cubes de déblais » au fil de l’avancée des cinq tunneliers. Alors bien sûr, les taupes géantes ne débarqueront pas avant 2024. Mais plutôt que de se retrouver au pied d’une montagne le moment venu, le maître d’ouvrage délégué a décidé d’anticiper et d’explorer les pistes permettant de stocker puis d’écouler ces centaines de milliers de tonnes de « mélasse, de la terre plutôt de qualité ».

Tisséo Ingénierie a donc lancé au mois d’août très officiellement un appel à manifestation d'intérêt (AMI) invitant les entreprises innovantes à proposer des solutions de valorisation de ces encombrants déchets de chantier. L’idée est davantage de secouer le bocal à idées. Car ses propositions ne feront directement l’objet d’aucun marché public. « Nous nous en servirons pour rédiger le cahier des charges des appels d’offres qui seront lancés fin 2022 sur le gros œuvre du chantier », explique Jean Michel Lattes, le président de Tisséo Collectivités, persuadé que « les petites structures ont parfois beaucoup plus de capacité d’imagination que les grands groupes ». Ainsi les probables mastodontes désireux de creuser le métro de Toulouse seront challengés et, peut-être départagés, sur leurs propositions concernant le recyclage des déblais.

Carrières ou champs à combler, ou nouveaux matériaux

D’autant que la question des déblais n’est pas qu’une question d’affichage. Depuis l’excavation de la ligne A, il y a trente ans, la loi a changé en même temps que les mentalités. « Le Code de l’Environnement nous oblige à être attentifs à la gestion de ces remblais », précise Jean-Michel Lattes. Il fixe notamment l’objectif de valoriser 70 % des déchets du secteur des travaux publics.

Il y a pour cela des pistes évidentes, déjà activées pour les lignes de métro précédentes : « Des remblaiements de carrière ou la filière agricole avec des champs qui nécessitent d’être recouverts », énumère l’élu. Plus original, et dans l’attente des résultats de l’AMI, il évoque une « utilisation pour la fabrication de matériaux de chantier ». Soyons fous, peut-être un candidat aura-t-il l’idée de créer un guichet avec quelques brouettées de mélasse pour les Toulousains qui jardinent.

Chiffres

La ligne 3 du métro reliera Colomiers à Labège via la gare Matabiau. Elle comprendra 21 stations dont 17 souterraines pour une capacité estimée à 200.000 voyageurs par jour. Elle doit coûter 2,6 milliards d’euros.