Toulouse : Voici comment arrondir ses fins de mois en gardant (momentanément) les colis de ses voisins

BON PLAN Après Paris, l'application Pickme débarque à Toulouse. Elle permet de se faire un petit complément de revenus en devenant point-relais pour les colis de ses voisins

Hélène Ménal
— 
Illustration d'un colis.
Illustration d'un colis. — PureStock/SIPA
  • Qui n’a jamais galéré pour recevoir un colis ? L’application Pickme sécurise le circuit en s’appuyant sur une communauté de voisins disponibles.
  • Les « keepers » servent de points relais de proximité.
  • Et ils touchent une petite rémunération à chaque colis couvé puis remis.

« J’en suis à cinq colis livrés, j’attends que ça sonne en bas pour le sixième et j’espère arriver bientôt à 15 pour pouvoir débloquer ma cagnotte ». Laetitia, 36 ans, « maman solo de trois enfants depuis peu », est coincée chez elle en attendant de trouver une place en crèche. Comme cette Toulousaine « cherche des solutions » pour s’en sortir, elle est devenue fin juillet « keeper » pour l’application Pickme. Cela signifie qu’elle s’est transformée en point relais de proximité pour les colis de ses voisins, dans un rayon de 200 mètres autour de son immeuble du quartier de Montaudran. Elle a fait pas mal de petit boulots dans la livraison et a vite retrouvé sa routine.

L’idée de Pickme, une start-up lancée fin 2020 à Paris, puis cet été à Toulouse, une ville qu’elle a repérée comme abritant relativement peu de points relais, c’est de remédier à la plaie des colis orphelins. Selon ses fondateurs, « 30 % des colis sont en échec dès la première livraison ». Et effectivement, qui n’a jamais retrouvé son colis finalement stocké, par la magie de la géolocalisation, à 30 minutes de chez soi pour cause de boîte aux lettres trop petite ? Qui n’a pas bloqué une journée pour être sûr de ne pas rater une livraison qui n’est pas arrivée ? Des inconvénients que Pickme – dont vous avez peut-être vu l’icône apparaître lors de votre dernier achat en ligne – veut gommer grâce à son réseau de voisins disponibles et rémunérés jusqu’à 1 euro par colis gardé (dans une limite de 300 euros par mois pour les keepers qui carburent vraiment).

« Ça permet de voir du monde »

« Ça peut payer un kebab ou une place de ciné à la fin du mois », plaisante Brian, autre keeper toulousain, gardien pour l’heure de huit colis aussitôt récupérés. Ce « touche-à-tout » s’est inscrit début août « par curiosité », pas forcément pour mettre du beurre dans épinards. « J’ai été surpris de recevoir mes premières demandes quelques jours à peine après », témoigne cet habitant du quartier de Rangueil qui gère ses disponibilités en fonction de ses semaines de télétravail et conçoit le passage des destinataires comme des « petites pauses, de cinq minutes par-ci, cinq minutes par-là ». Cet e-acheteur invétéré trouve le système simple et aime l’idée « de faciliter la vie des gens ».

Pickme met aussi en avant sa capacité à « créer du lien social ». « On ne devient pas ami mais ça permet de voir du monde. Les destinataires sont curieux du système, ça alimente la conversation, », confie Brian. « J’ai livré deux fois un colis à la même voisine. Ils contenaient des trousses de marque à tout petit prix pour la rentrée. Du coup, on a échangé des bons plans », raconte Laetitia. La mère de famille compte sur la rentrée, puis Noël, pour voir monter en puissance son activité de keeper. « 60 ou 80 euros par mois, ça paierait la cantine », espère-t-elle.