Vogue la galère pour 55 cm de trop

Béatrice Colin

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A la barre de sa péniche Baladine depuis près de vingt-deux ans, jamais Christian Delmas n'aurait cru une telle mésaventure possible. Pour 55 cm de trop, il se voit refuser le passage de l'écluse Saint-Michel sur la Garonne. Depuis le mois de février, et un avis à la batellerie, seules les embarcations dont la longueur n'excède pas 29,70 m peuvent y passer. La sienne en mesure 30,25. Pour quelques centimètres, ce spécialiste de la promenade touristique se trouve amputer d'une partie de son parcours.

Cette décision de la direction départementale de l'équipement fait suite à une campagne de travaux de restauration de l'écluse durant deux ans, pour un montant de 300 000 euros. « Elle avait subi des dégradations au niveau des portes. Selon une expertise, cette usure anormale est liée au passage des bateaux et la longueur est une des causes possibles du problème », explique Pascal Sauvagnac, responsable du service risques et sécurité à l'équipement, auteur de l'avis. Pour prendre sa décision, il s'est appuyé sur une étude commanditée par l'ancienne municipalité et estime qu'« il faut bien fixer des limites ».

« Une belle étude savante pour dire qu'on ne pourrait plus y passer alors que nous l'avons fait pendant des années. Or ils n'ont rien changé à la dimension initiale de l'écluse et nous ne sommes à l'origine d'aucune dégradation. Elle a déjà été fermée pendant deux ans et cela m'a coûté en moyenne 50 000 euros par an », poursuit Christian Delmas. Il espère pouvoir reprendre ses trajets pour la saison touristique qui s'ouvre ce week-end. Aussi, il a envoyé fin février un recours gracieux au préfet, qui « étudie le dossier ». Sinon, il n'hésitera pas à attaquer au tribunal administratif. En dernier recours, il lui rabotera le nez... pour 40 000 euros de travaux. ■