le campus du Mirail bloqué depuis jeudi

Charlotte Boitiaux

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Les étudiants du Mirail devront décider aujourd'hui en assemblée générale de la poursuite du blocage. Depuis jeudi dernier, des opposants à la réforme des universités ont décidé à une grande majorité d'occuper leur fac et ont planté douze piquets de grève aux différents points d'entrée. Pour les grévistes, le programme du week-end était chargé, notamment avec l'accueil de la coordination nationale étudiante : près de deux cents représentants d'une soixantaine d'universités ont en effet investi le campus samedi matin pour préparer les grands rendez-vous de la semaine à venir et déterminer la ligne à suivre afin d'étendre le mouvement.

L'ambiance, assez sereine, a été troublée par un incident : la veille, un étudiant furieux de voir l'accès bloquer a tenté de casser les piquets. Pour les grévistes, cette action reste l'expression d'un sentiment minoritaire. C'est loin d'être l'avis du syndicat étudiant de droite, l'UNI. Selon ses responsables locaux, le blocage « est une entrave inadmissible à la liberté d'étudier ». Le dialogue était également délicat avec l'administration de la fac, dont le bâtiment était le seul à ne pas être bloqué. A la suite de l'annulation d'un concours qui devait se tenir dans les locaux samedi matin, le ton est monté. L'université a déclaré via un communiqué n'avoir « pas été en mesure (...) d'obtenir la garantie des conditions de sécurité nécessaires à la tenue du concours ». « Faux », répondent les bloqueurs, qui n'y voient qu'un moyen supplémentaire de les « discréditer ».

Dès 7 h du matin, les étudiants grévistes étaient sur place pour accueillir les étudiants et les informer. Durant le reste du week-end, ils ont nettoyé, rangé, fait des tours de garde, organisé des comités de lutte. A l'intérieur de l'Arche, le coeur de cette mini-cité de bloqueurs, ils ont même improvisé des ateliers peinture, dessin pour réaliser les différentes banderoles, le tout dans « le respect des locaux, contrairement à ce que font croire certains médias », assurent-ils. Ici, pas de clan des différents syndicats. Financièrement, c'est le système D, les étudiants vendent des sandwichs pour récolter des fonds nécessaires à leurs dépenses. Pour eux, le plus dur, c'était de passer une nuit « bruyante » dans un dortoir improvisé dans les étages dans l'Arche, « car des étudiants de la coordination sont restés dormir... », confient quelques filles, les yeux cernés. ■