La confiance en quelques gestes

Aline Royer

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« La voie de l'énergie des femmes » : c'est la traduction de « fem do chi », une méthode d'autodéfense pensée pour elles, adaptée à leur morphologie et aux types de violences dont elles sont victimes. Depuis deux ans, l'association Faire Face diffuse cette discipline, très répandue au Canada et en Suisse, en donnant des cours tous les mois à la MJC Roguet de Saint-Cyprien* auxquels participent souvent des victimes de violences conjugales, hébergées en centres d'urgence. Les séances visent, en trois heures, à maîtriser quelques gestes simples qui permettront d'immobiliser son adversaire en cas d'étranglement par derrière, par exemple. La parole y tient une place essentielle. « La priorité est de déconstruire l'idée selon laquelle les femmes n'auraient ni l'énergie ni la force de se défendre », souligne Clarisse Agostini, de Faire Face.

D'autres optent pour les arts martiaux, comme Carine, 28 ans, ceinture jaune de nihon tai jitsu, self-defense mêlant judo, aïkido et karaté. « Je subissais pas mal d'agressions verbales dans le cadre de mon travail. L'objectif n'était pas tant d'apprendre à me battre qu'à travailler sur ma posture et mes réactions. Quelques séances ont suffi à me rendre plus sereine. » Philippe, professeur à l'Académie des arts martiaux de Toulouse**, apprend d'abord à ses élèves à analyser l'agression et à maîtriser la panique. « La mixité du cours permet aux femmes de se confronter aux hommes. Au bout d'un an, elles en sortent rassurées, ce qui est déjà beaucoup. » ■* Rens. au 06 65 47 14 07

** En démonstration dimanche pour la Journée de la femme, à 11 h 30, à Fenouillet.