Procès AZF: les médecins et les associations de victimes à la barre

TOULOUSE Les débats sur la catastrophe AZF ont repris ce jeudi après-midi devant le tribunal correctionnel de Toulouse...

A Toulouse, Béatrice Colin

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Le procès en correctionnelle de l'explosion de l'usine AZF à Toulouse (30 morts en 2001), prévu en février 2009, aura "une dimension exceptionnelle" tant par le nombre des parties civiles que par sa durée ou les moyens mobilisés.
Le procès en correctionnelle de l'explosion de l'usine AZF à Toulouse (30 morts en 2001), prévu en février 2009, aura "une dimension exceptionnelle" tant par le nombre des parties civiles que par sa durée ou les moyens mobilisés. — Eric Cabanis AFP/Archives

Ce jeudi après-midi, Jacques Mignard président d'AZF mémoire et solidarité qui rassemble les anciens salariés de l’usine, a longuement témoigné cet après midi à la barre du tribunal correctionnel. Témoignant de sa journée du 21 septembre ou il a «pendant toute la journée du 21 septembre sorti des corps et on les a identifiés».

En préambule, il a tenu a rappeler « que cette usine permettait de faire vivre un certain nombre de salariés et Toulousains. Plusieurs générations y ont travaillé, ils y allaient sans crainte». Sans ciller il a tenu à dénoncer «l’oubli» de ces camarades, mais surtout les critiques dont ils avaient fait l’objet aux lendemains de l’explosion. « On parlait d’usine de la mort: c’est quelques chose d’insupportable (…). C’était déjà un climat de conflit».

Se défendant d’être téléguidé par son ancien employeur, Jacques Mignard a indiqué qu’il avait un temps «cru fermement à l’accident industriel, aujourd’hui je me pose des questions», demandant au président de «mettre œuvre pour répondre à nos interrogations» expliquant que «Notre honneur a été bafoué, c’est une des raisons, mais nous le devons à nos morts».

Plus tôt dans l'après-midi, après le témoignage d’une victime, deux médecins sont vénus évoquer à la barre les systèmes d’indemnisations, mais surtout les conséquences sanitaires de l’explosion sur la population toulousaine. La représentante de la société d’assurance de Total a indiqué qu’en plus des 31 décès reconnus, trois autres décès étaient imputables en partie à l’explosion de l’usine AZF, leurs ayant-droits ayant été indemnisés. Elle a aussi rappelé le nombre de blessés: 16.800.

Le professeur Thierry Lang, en charge du comité de suivi épidémiologique, a dressé un bilan des diverses études menées ces dernières années. Dès le début de son allocution, il a tenu à préciser que « tout le monde ne consulte pas et ne s’adresse pas au système sanitaire. La santé n’est pas une priorité aussi bien pour troubles de l’audition que les troubles mentales. 30 ou 40% n’ont pas consulté car ce n'étais pas une priorité par rapport aux difficultés de la vie».

Dans les jours qui ont suivi, il a rappelé un pic dans la prise de psychotrope et que le nombre d’infarctus du myocarde avait été multiplié par trois sans causer de décès supplémentaire. Déjà fragilisés par des conditions socio-économiques difficiles, les riverains ont, eux, en quelque sorte «subi une double peine». Mais à ces résultats, il a reconnu qu’il était impossible de «connaître quelles sont les conséquences à long terme de cette explosion sur les enfants».