Toulouse : Pourquoi le monument aux morts risque-t-il de déménager ?

URBANISME A Toulouse, le tunnel de la troisième ligne de métro va passer en dessous du monument aux morts. Et la question se pose sérieusement de le déménager ou le démonter temporairement

Hélène Ménal
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Le monument, classé, a été inauguré en 1928 et n'a plus bougé depuis.
Le monument, classé, a été inauguré en 1928 et n'a plus bougé depuis. — H. Menal - 20 Minutes
  • Le chantier de la ligne 3 du métro de Toulouse ouvre un front, stratégiquement compliqué, du côté du monument aux morts.
  • Une station doit être construite sous l’édifice qu’il faut donc protéger.
  • Les experts planchent sur trois scénarios, dont ceux d’un déplacement ou d’un démontage temporaire du monument quasiment centenaire.

Il est le phare qui domine toutes les cérémonies d’hommage, le point de ralliement de tous les cortèges de protestation et, accessoirement, un havre où bouquiner ou boire un coup à l’ombre. Et si le monument aux morts de Toulouse disparaissait ? La question est loin d’être farfelue et elle n’a rien à voir avec le monument en lui-même – dont la dénomination officielle est en fait le « monument à la gloire des combattants » – qui trône tel un arc de triomphe sur les boulevards de la Ville rose depuis 1928. C’est Tisséo qui se la pose.

Tout simplement parce que le carrefour du monument sera aussi le croisement de la Ligne B et de la ligne 3 du métro. Avec deux tunnels superposés, dont un à 25 mètres sur terre. Initialement la future station François-Verdier devait être construite au-dessous des allées du même nom, évitant l’édifice. Mais c’était sans compter sur la bataille des platanes et la levée de boucliers qu’a suscitée l’hypothèse d’un abattage de ces arbres. En avril 2019, Jean-Luc Moudenc (LR), le maire de Toulouse, a éteint la polémique en promettant que les platanes seraient épargnés.

Déplacement sur rail ou démontage-remontage

Mais cette décision a ouvert un autre front, technique cette fois. « La boîte souterraine de la future station et le tunnel de la troisième ligne doivent être déplacés vers le carrefour », explique Jean-Michel Lattes, le président de Tisséo Collectivités. Et donc vers le tréfonds du monument, dont il faut d’ores et déjà s’assurer qu’il résistera au chantier. Voilà pourquoi mercredi le conseil syndical de Tisséo a voté une délibération pour confier l’épineux problème à un cabinet d’études spécialisé. Il est chargé d’étudier le coût et la faisabilité de trois scénarios. Le premier, le plus simple, consisterait à renforcer, « conforter » le monument aux morts durant les travaux.

Les deux autres hypothèses sont beaucoup plus spectaculaires. « L’une consisterait à le démonter et le reconstruire une fois le chantier terminé, confie Jean-Michel Lattes. L’autre, comme cela s’est déjà fait pour d’autres monuments à travers le monde, à le déplacer plus loin en utilisant des rails puis à le remettre à sa place ».

Quel que soit le verdict des spécialistes et le calendrier retenu, l’élu précise que, en dépit des gerbes symboliquement déposées, il n’y a pas de sépulture de « soldat inconnu » sous cet édifice appartenant à la mairie. Enfin, les associations d’anciens combattants ont toutes été prévenues qu’il faudra transférer, « temporairement », les troupes ailleurs pour les cérémonies.