Meurtre de Patricia Bouchon : L'accusé Laurent Dejean condamné à 20 ans de réclusion criminelle

JUSTICE Après quinze jours de débats, la cour d'assises du Tarn a condamné vendredi en appel Laurent Dejean à vingt ans de réclusion criminelle pour le meurtre de Patricia Bouchon en 2011

Julie Rimbert
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Christian Bouchon, le mari de la victime, sa fille Carlyne et Sandra, la soeur de Patricia Bouchon, lors du procès de Laurent Dejean.
Christian Bouchon, le mari de la victime, sa fille Carlyne et Sandra, la soeur de Patricia Bouchon, lors du procès de Laurent Dejean. — P. Pavani / AFP
  • Durant le nouveau procès en appel devant la cour d’assises du Tarn, l’accusé, ancien plaquiste de 42 ans, a martelé son innocence.
  • Les jurés ont suivi les réquisitions de l’avocat général jeudi qui avait réclamé vingt ans de prison pour le meurtre de cette mère de famille de 49 ans en 2011.
  • L’avocat de la défense, qui pointait « l’absence de preuve matérielle » reliant l’accusé au meurtre, avait, quant à lui, plaidé l’acquittement.

Les jurés de la cour d’assises du Tarn, cinq femmes et quatre hommes, ont condamné ce vendredi Laurent Dejean à vingt ans de réclusion criminelle pour le meurtre de Patricia Bouchon le 14 février 2011. Une peine conforme aux réquisitions de l’avocat général.

Déjà condamné à vingt ans de prison en première instance en 2019 à Toulouse, cet ancien plaquiste de 42 ans, qui a toujours nié être l’auteur de ce crime, retourne donc en prison. La cour d’assises du Tarn a aussi demandé à son encontre vingt ans de suivi socio-judiciaire.

La défense pointe la schizophrénie de l’institution

Vendredi matin, la défense de Laurent Dejean avait pourtant, durant ses deux heures de plaidoiries, exhorté la cour à l’acquitter, faute de preuve le reliant à l’homicide de celle que l’on a surnommé « la joggeuse de Bouloc ». « Acquittez-le, libérez-le ! Vous avez brisé un innocent, a martelé Karim Chebbani, conseil de Laurent Dejean qui a pointé la schizophrénie de l’institution judiciaire dans ce dossier où l’avocat général avait plaidé l’acquittement en première instance, « faute de preuves matérielles ». Nos accusés respectifs sont schizophrènes. Dans ce dossier, des juges d’instruction et le parquet général ont eu des avis différents ».

Avant le départ des jurés pour le délibéré, l’accusé s’était exprimé une dernière fois devant la cour pour plaider son innocence. « J’ai passé six ans et demi en prison. Je suis incapable de faire quelque chose comme ça. Je suis trop sensible. Je suis vidé, très fatigué. Mes amis sont là, les jurés sont là, la famille Bouchon est là. Ils ont besoin du vrai meurtrier. Moi je n’y suis pour rien et ça me fait peur ». Une supplique que n’ont pas entendue les jurés qui ont confirmé sa culpabilité vendredi.

Un meurtre vieux de dix ans

La mère de famille de 49 ans, secrétaire dans un cabinet d’avocats toulousain, avait disparu alors qu’elle faisait son jogging. Son mari avait immédiatement alerté les gendarmes et le lendemain soir, des affaires à elle, des traces de sang et des cheveux arrachés étaient retrouvés dans une impasse non loin de son domicile. Son corps avait été découvert par un chasseur plus d’un mois après, caché dans une buse.

Interrogé à deux reprises, Laurent Dejean, un habitant de la commune atteint de troubles psychiatriques, était devenu le principal suspect à la suite de la publication d’un portrait-robot. Celui-ci avait été établi par le conducteur d’une voiture qui avait croisé la joggeuse près de l’impasse, avant de tomber sur une voiture aux phares éteints avec un homme à son bord. Laurent Dejean avait été mis en examen en février 2015.