« Délinquants » par solidarité

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Une amende de 750 euros. C'est la punition encourue par seize militants du Réseau éducation sans frontières (RESF) pour avoir tenté de s'opposer à l'expulsion d'un père de famille algérien. Une lettre officielle qu'ils ont reçue début février stipule qu'il appartient au préfet de décider si l'amende sera appliquée. L'affaire remonte au 19 juin 2008. Lorsque, apprenant la nouvelle de cette expulsion expéditive d'un habitant d'Empalot, une vingtaine de membres du collectif se sont précipités à l'aéroport Toulouse-Blagnac. Avant d'être interpellés par la police aux frontières, ils ont passé en grappe et sans s'arrêter les portiques de sécurité. Ce qui est interdit. « Mais, dans la procédure qui nous vise, il s'agit surtout de faire de la solidarité un délit, alors que soutenir les sans-papiers est un droit et même un devoir militant et moral », estime Cathy Granier, au nom de RESF. Hier, le préfet a indiqué qu'il prendrait « une sanction de principe », arguant que « la violation de la zone réservée constitue un manquement en termes de sécurité aérienne ». ■