Des mots pour transmettre l'onde de choc

PROCES AZF Cette semaine, la parole est aux victimes et aux associations qui les représentent...

Béatrice Colin et Hélene Ménal

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La Cour de cassation a rejeté mardi le pourvoi formé par Total, ouvrant ainsi la voie à l'enregistrement vidéo du procès de l'explosion de l'usine AZF qui s'ouvre lundi à Toulouse, une première en France devant un tribunal correctionnel.
La Cour de cassation a rejeté mardi le pourvoi formé par Total, ouvrant ainsi la voie à l'enregistrement vidéo du procès de l'explosion de l'usine AZF qui s'ouvre lundi à Toulouse, une première en France devant un tribunal correctionnel. — Pascal Pavani AFP/Archives

Victimes eux-mêmes à des degrés divers, ils auront la lourde tâche de porter à la barre la parole (et parfois la douleur) de ceux qu'ils représentent. Les présidents des associations parties civiles témoigneront normalement jeudi. Gérard Ratier, lui, parlera deux fois, mercredi en tant que victime et le lendemain en qualité de président de l'Association de familles endeuillées. Depuis sept ans et demi, et la mort de son fils venu sur le site pour réparer un ascenseur, ce retraité n'a eu de cesse de se battre pour connaître la vérité. Lors de cette «seule occasion d'intervenir» dans le procès, il espère pouvoir faire «passer des messages essentiels», même s'il redoute de se laisser submerger par l'émotion. Une émotion qu'il sait partagée par d'autres. «Une victime, c'est une victime. Tout est relatif dans la vie. Pour nous, familles endeuillées, c'est un sinistre particulier, mais pour une personne qui a subi un dégât matériel, cela peut aussi être un traumatisme, je la comprends», explique-t-il simplement.

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Et c'est pour ces personnes-là que Guy Fourest, président du comité de défense des victimes d'AZF, prendra la parole. Depuis longtemps, il voit défiler à son domicile des personnes «en souffrance». «Il ne faut pas croire qu'elles ont oublié AZF. Et quand le procès va se terminer, elles auront toujours des souffrances à exprimer», insiste-t-il.

«Un climat déjà plus apaisé»

Jacques Mignard, président d'AZF Mémoire et Solidarité, n'appréhende pas le moment de parler. Il n'a pas préparé de fiche. «Je suis prêt à répondre aux questions, à dire ce que l'on est, ce que l'on fait et jusqu'où on ira», affirme le représentant des ex-salariés de l'usine, pour qui «chacun a trouvé sa place» au cours de la première semaine de procès. Pour une fois, Frédéric Arrou, le président des Sinistrés du 21 septembre, partage son avis. «Le climat est déjà plus apaisé qu'on pouvait le prévoir», souligne-t-il. S'il trouve «important de relayer la parole et l'expérience de l'association», il le fera dans le souci «de ne pas monopoliser le temps» de l'auditoire.