Conséquence du Covid, le CHU de Toulouse fait face à une véritable crise des vocations

SANTE La crise sanitaire a usé le personnel de santé dont certains préfèrent se reconvertir alors que les besoins en recrutement n'ont jamais été aussi importants

Julie Rimbert

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Dans le service réanimation du CHU de Purpan, à Toulouse. Illustration.
Dans le service réanimation du CHU de Purpan, à Toulouse. Illustration. — F. Scheiber - Sipa
  • Les besoins en infirmières, aide-soignants ou médecins ont explosé avec la crise sanitaire mais cliniques et hôpitaux peinent à recruter.
  • Malgré une hausse de 20 % des recrutements en juin, le CHU de Toulouse manque de bras et multiplie les opérations de recrutement depuis le début de la pandémie.
  • Recrutement avant la sortie d'école, appel à l'intérim... tous les moyens sont bons pour embaucher en cette période de tension hospitalière.

« Depuis trente ans, je n’ai jamais rencontré une telle situation de pénurie de personnel soignant. Après un an de Covid, beaucoup veulent se réorienter professionnellement », confie Marc Penaud, le directeur du CHU de Toulouse. Alors que les besoins en infirmières, aide-soignants ou médecins ont explosé avec la crise sanitaire, les cliniques et hôpitaux peinent à recruter, par manque de vocation.

Malgré une hausse de 20 % des recrutements en juin par rapport à juin 2020, le CHU de la Ville rose manque de bras et multiplie les opérations de recrutement depuis le début de la pandémie, notamment par des job dating.

Des embauches avant la sortie d'école

« Les équipes ont été épuisées par la crise, ont fait face à des morts violentes donc certains professionnels ont envie de faire une pause ou se reconvertissent vers d’autres métiers, explique Djemila Bourouma, directrice des soins au CHU. C’est un constat à Toulouse et dans toute la France. Nous avons des besoins en infirmiers, notamment dans certaines spécialités, estimés à une centaine. Pour les trouver, nous recrutons avant même la sortie d’école ».

Pour faire face à la pression hospitalière, le CHU fait appel à l’intérim, embauche en CDI directement le personnel paramédical ou prend des stagiaires, sans les tester sur un contrat, ce qui était auparavant la norme. En 2021, l’établissement toulousain a recruté 24 % de plus d’infirmiers et 11 % de plus d’aide-soignantes par rapport à 2020.

Job dating à Montauban

Le Ségur de la Santé a accordé une augmentation de 183 euros par mois aux personnels et un second volet doit revaloriser bientôt certaines catégories comme les infirmiers. « On espère que cela va permettre une attractivité de ces métiers car les équipes ont connu une charge mentale réelle avec l’épidémie, souligne Marc Penaud. Nous n’avons pas attendu le Ségur pour faire face à ce problème. Nous augmentons la prise en charge de la formation et accompagnons le personnel sur le pluridisciplinaire. »

Pour trouver le personnel compétent rapidement, le CHU de Toulouse n’est pas le seul à se déployer. Les autres établissements de santé multiplient aussi les opérations de recrutement. Mardi 15 juin, c’est la clinique du Pont de Chaume à Montauban qui organise son premier Job Dating à destination des étudiants en soins infirmiers et des infirmiers à la recherche d’un emploi. Il y a deux mois, c’était la clinique de L’Union, dans l’agglomération toulousaine qui faisait le sien. De quoi installer une vraie concurrence entre les établissements de soins de la région.