Toulouse : Les friches et sites industriels, nouveaux terrains de jeux des restaurateurs

TENDANCE FOOD De plus en plus de restaurateurs décident d’investir à Toulouse d’anciennes friches et sites industriels pour installer leur concept, loin des zones habitées

Béatrice Colin

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La Friche Gourmande à Toulouse ouvre ses portes le 9 juin dans une ancienne discothèque.
La Friche Gourmande à Toulouse ouvre ses portes le 9 juin dans une ancienne discothèque. — Friche Gourmande
  • Depuis plusieurs années, des restaurateurs développent dans d’anciens sites industriels, des guinguettes et restaurants éphémères.
  • Cette semaine, la Friche Gourmande ouvre ses portes dans le quartier Montaudran, dans un ancien entrepôt, avec un concept à l’image du Time Out Market de Lisbonne.
  • Ces nouveaux lieux permettent de réinvestir des lieux désaffectés, sans gêner les riverains tout en permettant aux clients de pouvoir se garer.

Depuis le 19 mai et leur réouverture, les terrasses du centre-ville affichent régulièrement complets à Toulouse. Les beaux jours signent aussi le retour des nombreuses guinguettes installées en bord de Garonne ou à proximité des lacs du département. Un nouveau genre de restaurants qui n’a cessé de se développer au cours des dernières années.

Tout comme ceux installés dans d’anciennes friches ou sur des sites industriels. Le grand marché (MIN) de Toulouse, notre Rungis local, est à la croisée des deux en ouvrant cette année, le 11 juin, sa guinguette «Min-Ou» à deux pas de ses entrepôts en misant sur les produits locaux.

Mais côté lieu hybride, c’est La Centrale, installée sur un petit bras de la Garonne, qui a donné le coup d’envoi de cette tendance en investissant il y a cinq ans une ancienne usine hydroélectrique désaffectée sur l’île du Ramier. Depuis, d’autres ont suivi, non loin de là, comme L’Ecluse de Saint-Michel, un restaurant qui vient de rouvrir, offrant une vue imprenable sur le fleuve et des mets désormais concoctés par le chef Simon Carlier.

Concept « court food »

Certains ont préféré quitter le centre-ville pour investir les quartiers périphériques, plus industriels et surtout moins habités, ce qui limite les nuisances nocturnes et les plaintes de riverains. C’est le cas des responsables de la Friche gourmande qui ouvrira ses portes ce mercredi à Montaudran, dans un hangar de près de 500 m2, entouré d’un espace extérieur de 800 m2, ce qui donne beaucoup de possibilités en période de règles sanitaires. L’ancien Vogue club, une boîte de nuit, a été reconverti en « food court », un espace de restauration qui rassemble plusieurs enseignes de restauration rapide, à l’image du Time Out Market de Lisbonne.

« Nous avons déjà lancé ce concept dans le secteur de Lille et cela fait quelque temps que nous travaillions pour l’implanter sur Toulouse. Il y a trois restaurants d’enseignes de street-food connues des Toulousains, un de bagel, un de burgers et un de pizza et un restaurant éphémère et chaque client peut choisir son plat », explique Guillaume Souloumiac, un des deux cofondateurs, originaire de la Ville rose.

Avec leur concept, eux fournissent le lieu avec ses bars et des espaces de jeux, les restaurateurs s’engagent sur certains points. « On ne veut pas devenir un lieu cher, il faut que ce soit accessible à tous les profils. Et puis notre concept est évolutif, il fonctionne aussi l’hiver », poursuit l’entrepreneur. Ouvert uniquement le soir, il sait que la Friche ne dérangera pas les entreprises voisines désertées en nocturne, et il pourra aussi profiter des places de stationnement disponibles aux alentours.

A quelques mètres de là, dans le même quartier, la guinguette XXL du Canaille club ouvrira aussi ce 9 juin, jour où les restaurants pourront fermer à 23 heures. Ses responsables préparent aussi un projet de restauration couvert dans d’anciens entrepôts voisins reconvertis il y a quelques années.

Les Halles de la Cartoucherie, un Tiers lieu pour 2022

« Cette démultiplication des lieux, c’est bien, si on garde une qualité et que cela ne se fait pas au détriment du centre-ville. Après la ville grandit et tous ces secteurs prennent vie, je pense qu’il y a de la place pour tout le monde. L’avantage des friches industrielles, c’est que cela ne grignote pas sur du terrain existant, notamment en bord de Garonne », avance de son côté Jean-Jacques Bolzan, adjoint au maire au « Bien manger ».

Il faut dire que plus au nord de Toulouse, la mairie porte aussi un vaste projet de restauration dans une ancienne friche industrielle. Il verra le jour d’ici la fin de l’année 2022 dans les anciennes halles de la Cartoucherie, dont les travaux devraient débuter à la fin de l’été. Comme à Lisbonne, on y trouvera plusieurs restaurants aux saveurs différentes, mais qui, accolés à des projets culturels, se rapprochera plus de l’esprit de l’espace Darwin de Bordeaux, un Tiers lieux aux multiples activités.