Régionales en Occitanie : Les opposants à l’autoroute Castres-Toulouse interpellent Carole Delga

VROUM VROUM Opposants et opposantes étaient une centaine devant le conseil régional présidé par Carole Delga, très favorable au projet

20 Minutes avec AFP

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La présidente socialiste sortante de la région Occitanie, Carole Delga. (archives)
La présidente socialiste sortante de la région Occitanie, Carole Delga. (archives) — RAYMOND ROIG / AFP

« Avec Delga, bonjour les dégâts » : ils étaient une centaine de militants et militantes écologistes, habitants et habitantes de villages concernés et élus et élues à manifester ce samedi devant le Conseil régional d’Occitanie contre la construction de l’autoroute Castres-Toulouse. Ce projet est, selon eux, une « aberration écologique et financière ».

La présidente de Région Carole Delga « nous rebat les oreilles avec son "Green New Deal" en disant être pour des projets respectueux de l’environnement, et au final elle pousse pour cette autoroute », déplore Denis Barrea, membre du collectif Stop Carrières et habitant du village de Montcabrier ( Tarn).

500 hectares de terres agricoles gaspillés

Carol Delga (PS), qui brigue un nouveau mandat lors du scrutin de juin, a toujours considéré que ce projet était « indispensable au développement » du sud du Tarn. Ce territoire « mérite un véritable projet de désenclavement, pour ses habitants, ses entreprises (…) privés d’une liaison sécurisée et efficace avec la métropole toulousaine », écrivait-elle en 2018. Pour les opposants et opposantes au projet, qui a vu le jour dans les années 2000, les arguments en faveur de l’autoroute A69 « ne tiennent pas ».

Ils et elles s’appuient sur une étude financée en grande partie par les collectivités locales concernées, mais aussi par le conseil régional d’Occitanie, pointant un coût de plus de 500 millions d’euros, dont une grande partie financée par « le contribuable ». « Ce projet va consommer près de 500 hectares de terres agricoles et coûter 10 euros l’aller-simple entre Castres et Toulouse ! », s’indigne Denis Barrea. Son collectif est également opposé à la construction de plusieurs « carrières temporaires pour l’extraction de matériaux qui vont durer entre cinq et sept ans, et dont l’une sera à 400 m de l’école du village » de Montcabrier.

Un gain de temps de 10 à 35 minutes

Selon les pouvoirs publics, l'A69 permettra un gain de temps d’environ 35 minutes sur la totalité du trajet, évalué à 1h20 en moyenne actuellement. Les opposants au projet minimisent ce chiffre et parlent d’un gain de « dix minutes », si un aménagement de la RN 126 est fait. « L’idée est de rendre la route existante plus sécurisée et plus rapide avec des zones de dépassement », soutient Denis Barrea, partisan de cette « alternative coûtant 180 millions d’euros, consommant 90 hectares de terres agricoles, et gratuite pour l’usager ».

Christophe Pouyanne, maire du village d’Appelle (Tarn), dénonce lui aussi une « solution archaïque et un projet complètement surdimensionné par rapport aux besoins du territoire desservi ». « On est là pour demander à l’Etat de revoir sa copie », affirme-t-il. Le projet a été déclaré d’utilité publique en 2018, et l’Etat a officialisé en février 2020 le lancement de la procédure de mise en concession.