Retour d'allégations

Hélène Ménal

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Cette fois, elles doivent répondre de dénonciation calomnieuse. Christèle Bourre et Florence Khelifi, plus connues sous les surnoms de « Patricia » et « Fanny », comparaissent cet après-midi devant le tribunal correctionnel. Les deux ex-prostituées sont à l'origine, en 2003, des « révélations » accréditant la thèse d'un réseau de notables sadomasochistes et sévissant avec la complicité du tueur en série Patrice Alègre. Elles avaient alors mis en cause Dominique Baudis et le magistrat Marc Bourragué, aujourd'hui tous deux parties civiles. Patricia est également prévenue du chef de calomnie à l'encontre d'un policier qu'elle accusait de racket. L'audience peut très vite tourner à l'ubuesque. En effet, la justice, en prononçant un non-lieu en faveur de Dominique Baudis et de Marc Bourragué dans le cadre de l'« Affaire Alègre », a établi que les deux jeunes femmes ont menti. Mais même placées dans cette situation inconfortable, elles devraient maintenir leurs allégations, selon leurs avocats. En 2005, les deux femmes avaient déjà été jugées pour « complicité de témoignage mensonger ». En appel, Patricia avait écopé de 18 mois de prison ferme. Fanny avait été relaxée. Aujourd'hui, elles risquent jusqu'à cinq ans de prison. ■