Toulouse : Au bout du fil de Nightline, les étudiants écoutent le mal-être de leurs pairs

SOLIDARITE Début mai, la ligne d'écoute Nightline, accessible même la nuit, a été lancée pour écouter la parole des étudiants rencontrant des difficultés. Au l'autre bout du fil, des étudiants leur répondent

Julie Rimbert
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Des étudiants en colère, le 26 janvier 2021, à Toulouse.
Des étudiants en colère, le 26 janvier 2021, à Toulouse. — F. Scheiber - Sipa
  • Depuis le 3 mai, une vingtaine d’étudiants bénévoles de l’association Nightline répondent aux autres étudiants ayant besoin de libérer leur parole.
  • Par téléphone ou par tchat, la ligne d’écoute est ouverte la nuit de 21 heures à 2 h 30.
  • Les étudiants bénévoles sont formés à l’écoute active, en respectant l’anonymat, la confidentialité, le non-jugement et la non-directivité.

C’est un peu le SOS Amitiés des étudiants. C’est pour mieux épauler cette population fortement touchée dans sa vie quotidienne par la crise sanitaire que l’ association Nightline a ouvert début mai une ligne d’écoute par et pour la communauté étudiante. Un espace d’écoute qui a trouvé son public dans l’ académie de Toulouse, comptant près de 140.000 étudiants et réputée dans de nombreux classements comme l’une des meilleures villes étudiantes de France.

La ligne d’écoute est gérée par des étudiantes et des étudiants bénévoles qui répondent aux appels et aux tchats la nuit de 21 heures à 2 h 30. Le service est ouvert à l’ensemble de la communauté étudiante de l’académie de Toulouse, de l’université aux classes préparatoires, en passant par les BTS ou encore les grandes écoles.

Formation à l’écoute active

La vingtaine d’étudiants de l’antenne toulousaine qui répondent à leurs camarades à l’autre bout du fil ou échangent avec eux via Internet est formée pendant trente-cinq heures à l’écoute active, tout en respectant l’anonymat, la confidentialité, le non-jugement et la non-directivité.

Près de 70 % des échanges ont lieu par tchats. « N’importe qui peut appeler, il n’y a pas de petit problème, il y a toujours une bonne raison si on passe un appel à l’association, assure Lili Barthome, porte-parole de Nightline dans la Ville rose et étudiante bénévole de 23 ans. Ils nous parlent souvent du stress lié aux études, des relations amicales, amoureuses ou familiales mais aussi beaucoup de solitude et d’isolement ».

Des bénévoles recherchés

Les bénévoles assurent ainsi les permanences dans des locaux du Crous de Toulouse-Occitanie et le Simpps de l’Université Fédérale Toulouse Midi-Pyrénées, partenaires du projet. Pour Philippe Raimbault, président de l’Université fédérale Toulouse Midi-Pyrénées, « L’offre de Nightline vient utilement compléter les services du Crous de Toulouse et du Simpps de l’Université fédérale pour renforcer l’écoute et l’accompagnement de la communauté étudiante dans l’ensemble du territoire académique, incluant les 20.000 étudiants répartis dans les dix villes universitaires de l’académie hors Toulouse ».

L’association, qui enregistre une vingtaine d’appels par soir, recherche d’autres étudiants bénévoles à Toulouse.