Un procès qui sera suivi de près

Béatrice Colin

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Lundi, il prendra la tête de la Marche pour la justice qui partira à 11 h de la stèle de la route de Seysses pour rejoindre en silence la salle Jean-Mermoz. Habituellement, on trouve Guy Fourest dans son petit salon de 15 m2 qui ne désemplit jamais. Les uns après les autres, les membres de son comité de défense des victimes d'AZF défilent autour de sa table où trône souvent une cafetière pleine.

Guy Fourest, 77 ans entend tout, les thèses les plus farfelues, mais aussi les malheurs de ceux touchés par la catastrophe. Entouré de sa garde rapprochée, sa trésorière Sylvie Kichenassamy et son vice-président Franck Biasotto, il reçoit « des gens qui pleurent. On ne sait qu'une chose : l'usine a explosé. Nous voulons être reconnus comme des victimes. Ceux qui n'ont pas été sinistrés nous disent d'arrêter de parler d'AZF, mais on ne peut pas arrêter, il y a toujours quelque chose qui nous le rappelle », insiste le retraité qui aide ceux qui n'ont pas été indemnisés ou pas assez. Pour ne pas se perdre au milieu des autres parties civiles, ses adhérents auront un brassard violet et jaune autour du bras. Ils retrouveront à côté d'eux, sur les bancs, des membres de Plus jamais ça. Ce collectif reprend du service à l'approche du procès, même s'il n'a jamais été réellement en sommeil. « Les premières années nous nous réunissions tous les 21 de chaque mois pour distribuer des tracts, puis seulement à la date anniversaire mais nous avons continué à siéger la CLIP*, nous avons aussi attaqué l'Etat pour défaillance dans la surveillance d'une usine classée " Seveso" », souligne Yves Gilbert, un de ses membres qui a pris un jour de RTT pour assister au coup d'envoi du procès où se relaieront en permanence les membres de Plus jamais ça. ■* Commission locale d'information et de prévention