Les avocats ne veulent pas être payés avec un lance-pierre

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Près de 3,8 millions d'euros. C'est le coût estimé du procès-fleuve qui s'ouvre ce lundi salle Jean-Mermoz. De la peinture des marches du tribunal, prise en charge par la mairie, aux indemnités versées aux experts, tout a été pensé. Sauf peut-être la revalorisation de l'aide juridictionnelle... si ce n'est par les avocats eux-mêmes. Depuis des mois la colère gronde dans les rangs des robes noires. Ils dénoncent son montant. « Elle est pensée pour des procès standards, le législateur n'avait pas imaginé de majoration en fonction de la durée. Si le procès se déroule sur un jour, deux jours ou quatre mois, l'avocat touchera environ 192 euros par partie civile, c'est une anomalie monstrueuse », déplore le bâtonnier de l'Ordre des avocats toulousains, François Axisa. Et de poursuivre « pour ce procès on a débloqué des moyens et une enveloppe énormes mais on n'a pas pensé à la défense et donc à l'aide juridictionnelle. On nous dit qu'il faut prendre un décret, mais il n'en a pas été question lorsqu'il s'est agi de dire qu'il y aurait trois greffiers et non un comme habituellement ». Seuls les commis d'office bénéficieront d'une « amélioration forfaitaire » de leur rémunération, ce qui a soulevé l'ire de certains avocats investis depuis longtemps dans AZF. « Quand un client se présente et qu'il demande l'aide juridictionnelle, on peut l'accepter ou pas, lorsque l'on est désigné d'office c'est autre chose, on n'a pas le choix. Nous avons demandé à la Chancellerie d'améliorer la somme qu'elle nous verse au titre de l'aide juridictionnelle, mais ce n'est pas encore fait », conclut le bâtonnier. ■