Ils travaillent moins pour gagner moins

Hélène Ménal

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Un chiffre d'affaires en chute de 33 % pour la Bodega-Bodega et « d'un bon tiers » pour l'Arsène Lupin. Après deux samedis d'application, l'arrêté préfectoral obligeant les cafés à fermer dès 3 h du matin est plus que jamais dans le collimateur des patrons de bars musicaux. Vingt-quatre d'entre eux dénoncent un manque de concertation et attaquent la décision en justice, notamment pour « atteinte à la liberté de commerce ». En attendant un jugement sur le fond, ils demandaient, hier, au tribunal administratif de suspendre l'arrêté d'urgence. A l'audience, la préfecture a défendu son objectif : « La lutte contre l'alcoolisation massive des jeunes » et contre le « nomadisme » des noctambules des départements voisins qui viennent finir la nuit à Toulouse.

Au nom des cafetiers, Guy Debuisson, a dénoncé les conséquences « salariales et économiques graves ». Son confrère, Alexandre Martin, ne voit « aucun élément objectif » rendant cette décision nécessaire : « L'accidentologie n'est pas plus élevée ici qu'ailleurs », dit-il. Les deux avocats ont des doutes sur les progrès pour l'ordre public que constitue le fait « de lâcher 2 000 personnes rue Gabriel-Péri deux heures avant l'ouverture du métro ».

La décision du juge des référés est attendue « en début de semaine prochaine ». ■