Ouverts, les sarcophages des (probables) Comtes de Toulouse s'apprêtent à livrer leurs secrets

PATRIMOINE Retirés de l'enfeu extérieur à la basilique Saint-Sernin en 2019, les sarcophages présentés comme ceux des Comtes de Toulouse ont été ouverts jeudi, mettant au jour des ossements

Julie Rimbert

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Deux crânes humains ont été retrouvés dans le premier sarcophage.
Deux crânes humains ont été retrouvés dans le premier sarcophage. — Direction du Patrimoine de la Ville de Toulouse
  • Jeudi, l’un des deux sarcophages, contenant probablement les restes des comtes de Toulouse, a été ouvert en présence du maire, Jean-Luc Moudenc, de maires adjoints et du curé de Saint-Sernin.
  • Dans le sarcophage, il y avait quatre têtes de fémurs appartenant à des humains, une mandibule, des côtes et de petits ossements provenant d’animaux.
  • Des analyses génétiques vont avoir lieu pour comparer les ossements retrouvés dans les deux sarcophages et tenter de savoir si un lien de parenté existe entre les défunts.

Personne ne l’avait ouvert depuis le XIIIe siècle et les archéologues espèrent enfin percer son secret. Dans le cadre de la mise en valeur de la basilique Saint-Sernin et de la restauration de l’Enfeu des Comtes de Toulouse, deux des sarcophages, sur les quatre qui trônaient dans la niche funéraire extérieure de la basilique, avaient été retirés en 2019 par le service de restauration du patrimoine de la mairie de Toulouse.

Jeudi, après des mois d’attente, l’un des deux sarcophages, contenant probablement les restes des comtes de Toulouse, a été ouvert en présence du maire, Jean-Luc Moudenc, de maires adjoints et du curé de Saint-Sernin. L’inscription en latin, apposée depuis plusieurs siècles sur celui-ci, indique « ici repose Pons comte de Toulouse ». Son contenu comporte de nombreux ossements, qui seront étudiés pour authentifier les restes.

Deux crânes humains

« Cette ouverture était assez émouvante car c’est un pan de l’histoire de Toulouse que l’on ouvre, souligne Pierre Pisani, directeur du service de l’inventaire patrimonial et de l’archéologie de Toulouse Métropole. Dans le sarcophage, il y avait quatre têtes de fémurs appartenant à des humains, une mandibule, des côtes et de petits ossements provenant d’animaux. Il comptait aussi un bout de céramique qui aidera peut-être à dater tout cela ». Des briques ont également été découvertes, ayant sûrement servi à consolider le sarcophage après une chute au XIXe siècle.

L’autre sarcophage retiré en 2019 de l’enfeu avait quant à lui était ouvert le 7 avril, mettant à jour deux crânes humains et des os. « On a affaire là à deux individus, dont un homme avec une côte cassée qui pratiquait le cheval, détaille Pierre Pisani. L’un est plus grand, plus robuste que l’autre. Une datation au carbone 14 permettra de donner une fourchette pour leurs âges ».

Datation et études paléontologiques

Des analyses génétiques vont ainsi avoir lieu pour comparer les ossements retrouvés dans les deux sarcophages et tenter de savoir si un lien de parenté existe entre les défunts. Des experts vont procéder à une étude paléontologique et déterminer la taille et le sexe des individus. Ce travail pour remonter l’histoire devrait durer environ un an. « C’est presque une enquête policière car avec ce qui a été découvert jeudi, on va faire des recoupements avec les autres sarcophages, dont celui ouvert en 1989 où les analyses vont infirmer ou confirmer les hypothèses », s’enthousiasme Annette Laigneau, adjointe au maire en charge de l’urbanisme et du patrimoine, avouant « avoir assisté à un moment extraordinaire ».

L’enfeu extérieur à la basilique Saint-Sernin héberge au total quatre sarcophages, dont un pour les enfants. Le sarcophage central, dénommé du Comte de l’An Mil, a quant à lui déjà fait l’objet de fouille en 1989. Les historiens pensaient avoir affaire au corps du comte Guillem Taillefer mais un problème de datation n’a pour l’instant pas permis de lever définitivement le mystère sur l’identité de cet homme.