Toulouse : Une (grande) plaque de bitume disparaît au Parc des expos pour une expérience scientifique rafraîchissante

URBANISME Les engins de chantier s’activent depuis septembre sur l’Ile du Ramier pour débitumer les sols de l’ancien Parc des expos et revitaliser les sols, qui font l’objet d’un suivi scientifique

Julie Rimbert
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A proximité de la piscine Nakache, le bitume devant l'ancien Parc de expos a été enlevé pour mettre de la terre et revitaliser les sols.
A proximité de la piscine Nakache, le bitume devant l'ancien Parc de expos a été enlevé pour mettre de la terre et revitaliser les sols. — J. Rimbert
  • Le chantier de démolition de l’ancien Parc des expos de Toulouse avance sur l’Ile du Ramier, avec le débitumage des sols afin de laisser place à des espaces verts.
  • Pour réutiliser au maximum les matériaux démontés, Toulouse Métropole a mis en place des partenariats avec des associations qui les récupèrent pour un autre usage.
  • Après avoir ôté le bitume à certains endroits du site, de la terre végétale mêlée à du compost a été étalée afin de revitaliser les sols, qui font l’objet d’un suivi scientifique.

Depuis septembre, les pelleteuses et bulldozers s’activent pour démonter l’ancien Parc des expositions de Toulouse, sur l’ île du Ramier, pour y créer un poumon vert au cœur de la ville. Avec, comme passage obligé, l’enlèvement du bitume coulé là il y a des décennies.

« Avec cette réappropriation de l’île du Ramier, il y a deux aspects complémentaires mais différents, souligne François Chollet, vice-président de Toulouse Métropole en charge de l’Ecologie, du Développement durable et de la Transition Ecologique. D’abord la déconstruction des halls et équipements avec un enjeu environnemental de récupérer près de 95 % des matériaux pour les réutiliser. Ensuite, la revitalisation des sols, bitumés depuis soixante-dix ans, sur lesquels nous manquons de savoir et qui fait donc l’objet d’un suivi scientifique ».

Pour réutiliser au maximum chaque poutre en bois démontée, chaque boîtier électrique défait ou chaque bardage métallique, Toulouse Métropole a mis en place des partenariats avec Emmaüs, Electriciens du monde ou encore l’association Synéthic, qui accompagne les collectivités dans leur transition écologique. « Les poutres métalliques des halls d’exposition vont être réutilisées comme bancs dans l’espace public de l’île du Ramier, les panneaux d’isolation en contreplaqué ont été convertis en murs d’escalade pour une association et les charpentes en bois sont reprises par Emmaüs pour créer des étagères et des comptoirs », précise Patrick Bernard de l’association Synéthic.

Suivi scientifique de la revitalisation des sols

Exit aussi le béton de l’ancien site. A proximité de la piscine Nakache, les bulldozers ont ôté le bitume et laissé la place à des tracteurs qui étalent des tonnes de terre pour revitaliser les sols, complètement appauvris après tant d’années sans voir le jour. « Il y a un gros travail pour restaurer ce sol dégradé, explique Guillaume Cantagrel, directeur de projet Grand Parc Garonne. Après avoir enlevé la surface imperméable et le bitume, réutilisés à 100 % pour les futures voiries du MEETT, un apport de terres végétales récupérées sur les terrains de foot de l’île a été effectué, avec un complément de compost issu de la filière municipale. Un semis de prairie, avec des plantes légumineuses et des graminées comme du trèfle et de la luzerne, y est ajouté ».

Avant de procéder aux plantations, il faut retrouver un sol riche en nutriments et en micro-organismes. Un groupement scientifique, comptant des chercheurs en microbiologie des sols, va étudier l’évolution de ces sols, dans le cadre du programme « LIFE green Heart ». A partir de ce printemps, douze parcelles témoins vont ainsi être mises en place pour tester quatre types de sol qui seront présents sur l’île : forestier, arbustif, prairies et pelouses. Les effets de cette renaturation seront évalués sur plusieurs années. L’objectif à long terme est de créer des îlots de fraîcheur locaux, pouvant diminuer la température moyenne de 3 °C.