Vaccination à Toulouse : Une assistante sociale de 38 ans meurt après avoir reçu une dose d’AstraZeneca, sa famille dépose plainte

ENQUETE La famille d’une assistante sociale de 38 ans décédée au CHU de Toulouse trois semaines après une vaccination AstraZeneca va déposer plainte ce vendredi

Hélène Ménal
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Le vaccin AstraZeneca contre le Covid-19 (illustration)..
Le vaccin AstraZeneca contre le Covid-19 (illustration).. — Massimo Insabato/Mondadori Portf/SIPA
  • Une assistante sociale de 38 ans est morte le 29 mars au CHU de Toulouse, des suites d’une thrombose cérébrale, 21 jours après avoir reçu une dose du vaccin AstraZeneca.
  • Elle était a priori en bonne santé.
  • Ses proches vont déposer plainte contre X, pour homicide involontaire, ce vendredi. Ils veulent que des investigations soient faites pour faire toute la lumière sur cette affaire.

Y a-t-il un lien entre la mort au CHU de Toulouse d’une assistante sociale de 38 ans, a priori sans problème de santé, et sa vaccination 14 jours plus tôt avec le sérum AstraZeneca ? C’est ce que veulent savoir ses proches à travers la plainte contre X, pour homicide involontaire, qu’ils doivent déposer ce vendredi. « L’objectif est d’obtenir des investigations pour répondre aux questions qu’ils se posent », explique ​ Etienne Boittin, l’avocat de la famille, qui défend aussi celle de l’étudiant de 26 ans mort à Nantes à la mi-mars. « Nous ne sommes pas dans une démarche d’accusation, il n’est pas question de clouer au pilori un hôpital ou un laboratoire », poursuit-il, insistant sur le souhait de ses clients de ne pas voir leur malheur récupéré par le mouvement antivax.

La patiente toulousaine, décédée lundi 29 mars, a reçu sa première dose de vaccin le 8 mars, avant la suspension temporaire du sérum. Elle travaillait auprès de jeunes handicapés dans un institut médico-éducatif de la Haute-Garonne, et c’est donc à titre professionnel qu’elle a été vaccinée. Mais elle a rapidement ressenti des maux de tête puis a été hospitalisée le 21 mars et plongée dans le coma, à la suite d’une thrombose cérébrale.

L’AstraZenaca désormais réservé au plus de 55 ans

Le CHU de Toulouse, tenu au « secret médical », ne commente pas ce cas spécifique. L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) non plus. Cette dernière ne publie que de façon hebdomadaire et « pseudonymisée » les rapports de pharmacovigilance de son comité de suivi. Contactée par 20 Minutes, elle indique pour l’heure qu’au « 26 mars 2021, neuf cas de thromboses des grosses veines, atypiques par leur localisation (cérébrale en majorité, mais également digestive), pouvant être associés à une thrombopénie ou à des troubles de coagulation ont été déclarés avec le vaccin AstraZeneca, dont deux décès ».

« Le caractère très atypique de ces thromboses, leurs tableaux cliniques proches et le délai de survenue homogène conduisent le comité de suivi à confirmer la survenue, très rare, de ce risque thrombotique chez les personnes vaccinées par le vaccin AstraZeneca », poursuit l’ANSM, tout en considérant que « la balance bénéfice/risque » reste « positive » dans le cas du vaccin AstraZeneca.

Depuis le 19 mars, sur recommandation de la Haute autorité de Santé (HAS), le vaccin AstraZeneca est réservé aux plus de 55 ans.