Toulouse : Un peu Vikings sur les bords, ils vont construire le drakkar le plus rapide du monde et rallier New York

DEFI Le collectif de Vikings toulousains Bátar va lancer cet été le chantier naval de construction d’un drakkar de 28 mètres de long qui doit rallier en 2024 New-York

Béatrice Colin
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Le collectif Bátar construit des drakkars à Toulouse.
Le collectif Bátar construit des drakkars à Toulouse. — Bátar
  • Depuis dix ans, une bande de potes originaire de Toulouse construit des drakkars, les navires des Vikings.
  • Après la réalisation de deux premiers bateaux et des expéditions vers les pays du nord, le collectif Bátar a décidé de construire un drakkar de 28 mètres de long.
  • Ce bateau, qui sera le drakkar le plus rapide du monde, sera fabriqué à partir de cet été dans un chantier naval dans Toulouse, avant sa mise à l’eau en 2023 et une expédition vers New York en 2024.

Floki n’a qu’à bien se tenir. Le constructeur de drakkars de Ragnar Lodbrok dans la série « Vikings » a trouvé ses alter ego à Toulouse. Depuis dix ans, une bande de copains s’est lancée dans une aventure aux accents scandinaves.

Ingénieurs ou encore informaticiens de formation, ils ont décidé de fabriquer les bateaux qui ont fait la réputation des hommes du Nord, connus pour être des explorateurs.

Plans anciens, matériaux modernes

Réunis au sein du collectif Bátar – bateau en islandais –, ils ont déjà fait leurs preuves en construisant et mettant à l’eau en 2016 leur première embarcation viking, longue de 6 mètres, puis, trois ans plus tard, en passant à la version 12 mètres de long en utilisant les plans danois des navires vikings de Roskilde. Avec ces deux embarcations, ils sont partis à l’assaut de la Norvège et du pays de Rollon.

Cette année, ils ont décidé de relever un nouveau défi : fabriquer un drakkar de 28 mètres de long et, en 2024, rallier New York avec. « Pour le réaliser, nous allons utiliser du lamellé-collé de pin et châtaignier, des matériaux plus légers et qui permettent d’aller plus vite. Ce sont des techniques modernes, mais on considère que si les Vikings l’avaient construit ils l’auraient fait avec ces matériaux-là. Contrairement aux idées reçues ils étaient loin d’être des barbares : ils étaient bons en construction, ils étaient pour la parité, autorisaient les femmes à se battre », décrit Arnaud Huvelin, alias Bjorn, l’un des membres du collectif qui fait partie d’une association internationale de bateaux vikings.

Chantier naval dans Toulouse

A partir de cet été, les aventuriers vont sortir leurs ciseaux à bois, gouges et autres maillets pour s’atteler à la réalisation de la coque dans un chantier naval installé au cœur de Toulouse. « Ce bateau baptisé Orkan pourra être construit par tout le monde, tous ceux qui veulent participer peuvent en s’inscrivant sur notre site », poursuit Arnaud qui lance aussi un appel aux financements. Car ce nouveau drakkar et le projet de traversée vont coûter dans les trois ans à venir près de 2,5 millions d’euros.

En attendant de donner le premier coup de rabot, l’équipe peaufine les détails de son projet un peu fou, qui, grâce aux matériaux choisis et à « l’ingénierie pirate », pourra au moins atteindre la vitesse de 18 nœuds. Ce qui fera de ce drakkar toulousain, la version le plus rapide du monde. Il devrait être prêt en 2023, pour des sessions d’entraînement qui mèneront les pirates de la Ville rose jusqu’à Bordeaux, via le Canal des deux mers.

Jusqu’au grand départ, au printemps 2024, pour une expédition de 45 jours. Huit pays seront traversés, jusqu’en Amérique, comme le firent les Vikings, 500 ans avant Christophe Colomb. « Il y aura quinze membres d’équipage fixe et quinze membres d’équipages tournants, le drakkar sera suivi par un bateau. Nous passerons en mer six jours d’affilée maximum entre chaque escale », explique Bjorn. De quoi revivre les sensations du couple d’aventuriers islandais Thorfinn et Gudrir, qui en 1014 donnèrent naissance à Snorri au Vinland, l’actuelle anse aux Meadows sur l’île de Terre-Neuve au Canada.