Toulouse : Pourquoi l’immobilier a enregistré sa plus forte hausse de prix depuis dix ans ?

IMMO En 2020, les prix dans l’ancien ont grimpé de plus de 9 % à Toulouse, avec certains quartiers dépassant une hausse de 16 % malgré la crise sanitaire

Béatrice Colin
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Vue du toit du parking Victor-Hugo, à Toulouse.
Vue du toit du parking Victor-Hugo, à Toulouse. — Lancelot / SIPA
  • Malgré la crise sanitaire et ses conséquences économiques, le secteur de l’immobilier a résisté à Toulouse.
  • La Ville rose a même connu en 2020 une envolée des prix qu’elle n’avait pas vécue depuis dix ans.
  • Les prix de l’immobilier ont grimpé à 9,2 % à Toulouse, le mètre carré étant désormais vendu en moyenne à 3.030 euros.

Il y a un an, la France se confinait. A l’époque, les professionnels de l'immobilier toulousain avaient un horizon bouché et aucun n’aurait pensé faire une bonne année. Pourtant, malgré la crise sanitaire, deux confinements et leurs conséquences sur l’économie de la Ville rose, les habitants ont décidé d’investir.

Certes, sur le marché du neuf, les ventes d’appartement ont chuté de 37 %, une tendance due en partie au manque de projets freinés à la fois par le Covid-19 et les municipales. Mais, dans l’ancien, « cette baisse est seulement de 5 %, juste après une année record », relève Philippe Pailhès, vice-président de la chambre interdépartementale des notaires qui présentait son bilan annuel des transactions.

Contrairement à la région parisienne, les Toulousains n’ont pas fui à la campagne pour se payer une maison et opter définitivement pour le télétravail. Si des prémices s’étaient fait sentir en mai, c’est finalement bien au cœur de ville que la flambée a été la plus importante. Et la crise ne l’a en rien freiné.

« C’est une valeur refuge »

En Haute-Garonne, cette hausse est 5,4 % (2.640 euros /m2) et de 9 % sur Toulouse (3.030 euros /m2) au cours de l’année écoulée, ce qui n’était pas arrivé depuis dix ans. Quand Bordeaux a seulement augmenté de 2 % sur la même période.

« C’est surprenant, on aurait pu croire que le marché allait s’effondrer, mais au contraire, c’est une valeur refuge. Il y a eu une excitation à la sortie du confinement, les gens ont eu peur d’une crise financière et ont sorti leurs économies pour s’acheter un appartement. Les gens se sont précipités pour profiter aussi des taux bas », poursuit le notaire toulousain.

Et quasiment tous les quartiers de la Ville rose sont concernés, du plus cher (Saint-Etienne à 5.540 euros +16,1 %) au moins cher (Papus - 1.180 euros + 15,9 %). Des prix parfois démentiels, comme cet appartement de 17,07 m2 non loin de la préfecture vendu loué lundi 115.000 euros.

Des projets moteurs

Pour certains quartiers, il y a un effet rattrapage. Dans d’autres, l’avancée des projets d’urbanisme a relancé la spéculation. Notamment du côté de la gare Matabiau. Si la LGV n’est pas près d’arriver, les premiers coups de pioche ont été donnés et les quartiers périphériques bénéficient de ces effets symboliques. « Les travaux ont débuté avenue de Lyon et les débuts de la transformation se voient. Il y a donc un intérêt sur Matabiau et Bonnefoy qui a passé la barre symbolique des 3.000 euros », poursuit Philippe Pailhès.

Des prix qui ne devraient pas chuter de sitôt. Si un ralentissement est peut-être à prévoir dans la flambée et la spéculation, les notaires de la Haute-Garonne s’attendent à enregistrer une hausse d’environ 4 % au cours des prochains mois.