Toulouse : Que sait-on du squelette d’enfant exhumé par des archéologues ?

SCIENCE Découvert au détour d’un chantier, l’enfant de la rue des Fleurs devait être issu d’une famille pauvre des faubourgs de Toulouse

Hélène Ménal

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La tombe de l'enfant de la rue des Fleurs, à Toulouse, découverte en novembre 2020.
La tombe de l'enfant de la rue des Fleurs, à Toulouse, découverte en novembre 2020. — Didier Paya - Inrap
  • Des fouilles préventives menées avant la construction d’un garage souterrain chez des particuliers ont abouti à la découverte du squelette d’un enfant du Moyen-Âge.
  • Les premiers éléments laissent penser que l’enfant de la rue des Fleurs était pauvre et « étranger » à la ville.
  • Il est probablement mort d’une maladie infantile.

Sa courte vie n’a pas dû être bien joyeuse, il ne faisait en tout cas pas partie de la jet-set médiévale. Le squelette quasi intact d’un enfant, âgé de « 10 à 13 ans » a été exhumé dans le centre de Toulouse par les archéologues de l’Institut national de recherches archéologiques préventives ( Inrap). La découverte date de novembre mais elle n’a été rendue publique que la semaine dernière.

Les particuliers de la rue des Fleurs, près du Palais de justice, chez qui les ossements ont été retrouvés voulaient juste creuser un parking souterrain sous leur jardin. Mais ce carré de terrain (75 m² à peine) se situant non loin des vestiges de l’ancien château des comtes de Toulouse et du rempart médiéval de la ville, il fallait que les archéologues procèdent à des vérifications avant de couler du béton.

Un voisin sûrement mais un « étranger » quand même

Les fouilles préventives ont duré vingt jours. Elles ont confirmé l’historique des fortifications de Toulouse. Et donc exhumé de l’ancien fossé médiéval aujourd’hui comblé cet enfant qui a vécu selon les premières estimations entre le IXe et le Xe siècle. « Il a été simplement déposé dans une fosse recouverte de planches, car à l’époque les cercueils n’existaient pas. Il était probablement nu dans un linceul en lin », indique Didier Paya, le responsable scientifique des fouilles, pas vraiment étonné de trouver une sépulture non loin d’une première nécropole carolingienne découverte au moment des travaux du Palais de justice.

Il faut dire qu’à moins d’être un notable rattaché à une paroisse, les cimetières de l’époque ne ressemblaient pas vraiment aux endroits bien clôturés d’aujourd’hui. « Par ailleurs, enterrer ses proches dans les fossés de la ville était gratuit », poursuit l’archéologue. Pour lui, l’enfant s’est retrouvé aux portes de la ville probablement parce qu’il n’était pas considéré comme un habitant de la commune. « C’était un étranger »… même s’il venait de la campagne environnante.

Aucune trace de violence n’a été décelée sur le squelette. « Vu la mortalité infantile de cette époque sans vaccin, il est probablement mort de la rougeole, de la variole ou de la tuberculose », avance Didier Paya. Les ossements de l’enfant ont été confiés à un laboratoire. Son repos éternel va se poursuivre sous d’autres cieux. Et les propriétaires de la rue de Fleurs ont sûrement trouvé de quoi alimenter les soirées familiales durant plusieurs générations.