Coronavirus à Toulouse : Aéronautique, restauration… Quelles sont les conséquences de la pandémie sur l’économie ?

POULS Entraînée dans la spirale négative de l’aéronautique, l’économie toulousaine a connu un « recul historique » avec le Covid-19 mais les entreprises anticipent un rebond de 5 % dès cette année

Hélène Ménal

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Les hôtels, cafés et restaurants toulousain ont perdu la moitié de leur activité  et se sont séparés de 10 % de leurs salariés. Illustration.
Les hôtels, cafés et restaurants toulousain ont perdu la moitié de leur activité et se sont séparés de 10 % de leurs salariés. Illustration. — F. Scheiber - Sipa
  • L’activité des entreprises de Haute-Garonne a chuté de 15,7 % selon la Chambre de Commerce et d’industrie de Toulouse et la Banque de France qui prévoient un rebond de 5 % en 2021.
  • Le secteur aéronautique a perdu 10 % de ses effectifs, autant que l’hôtellerie-restauration.
  • Et la dépendance à l’aéronautique de l’économie toulousaine pourrait différer la reprise…

En cette année de tous les dangers, quelle est la résilience de l’économie toulousaine ? La Banque de France et la Chambre de commerce et d'industrie de Toulouse ont pris le pouls des entreprises qui, sans surprise, bat encore au ralenti. Selon leur dernière enquête de conjoncture, en raison du Covid-19, l’activité haut-garonnaise a connu « un repli historique » de 15,7 % en 2020. Mais, les mesures gouvernementales aidant, l’impact est limité sur l’emploi salarié, en chute de « seulement » 2,6 %, les principales victimes étant les intérimaires, notamment ceux du secteur aéronautique.

Les optimistes choisiront de voir qu’il y a eu moins de faillites qu’en 2019 (463 contre 803), que la situation financière de trois quarts des entreprises reste saine et que, malgré les incertitudes sur la situation sanitaire, le rebond de l’activité doit atteindre 5,1 % en 2021 (même 5,4 % dans la métropole toulousaine). Les pessimistes de nature savent que des plans sociaux sont en cours et ne produiront leurs effets que plus tard. Et que, si le rebond se confirme « il manquera encore 11 points de croissance pour retrouver la situation de 2019 », comme le souligne Philippe Robardey, le président de la CCIT.

La dépendance à l’aéronautique, encore et toujours

Evidemment, c’est le « moteur de l’économie » toulousaine qui s’est grippé, et qui a rendu en cascade les autres secteurs plus vulnérables. Dans le secteur aéronautique, l’activité s’est repliée de 33 % et les effectifs ont fondu de 10 %. La baisse est contagieuse puisqu’elle se répercute dans les services (ingénierie, informatique par exemple), à – 28,6 %. Et, vu les perspectives de trafic aérien, la dépendance qu’entretient l’écosystème toulousain pourrait, selon Stéphane Latouche, le directeur régional de la Banque de France, retarder les effets de la reprise à Toulouse comme en Occitanie.

Des raisons d’espérer

Si l’on regarde le verre à moitié plein, certains secteurs ont tiré leur épingle du jeu. Après une chute de 10 % en 2020, le BTP tourne à nouveau quasiment à 100 %. Les professionnels de l’immobilier se montrent aussi optimistes en prévoyant une hausse de 3,9 % de leurs effectifs cette année. Les grandes surfaces et le commerce de détail alimentaire, épargnés par les fermetures, s’en sortent bien. Enfin, probablement grâce à l’effet des confinements, la niche commerçante de l’équipement du foyer et du bricolage a renoué avec la croissance.

Les grands perdants

L’enquête met des chiffres sur le marasme attendu des secteurs aux prises avec des fermetures administratives. Le chiffre d’affaires des hôtels, cafés et restaurants s’est effondré de 43 %, les effectifs ont fondu de 10 %. Avec la mise entre parenthèses du tourisme d’affaires, le parc hôtelier de la grande agglomération toulousaine a vu son activité reculer de 58 %. Avec sans doute d’autres bouleversements à venir dans le secteur. Philippe Robardey doute de l’envie des salariés au chômage partiel ou en formation depuis des mois de renouer avec leur ancien métier.