Coronavirus à Toulouse : Comment le Printemps du Rire s'adapte à un contexte pas du tout marrant

HUMOUR La nouvelle édition du Printemps du Rire, incontournable rendez-vous culturel toulousain depuis 1995, commence ce vendredi, alors que les salles de spectacle restent fermées au public

Nicolas Stival

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L'humoriste et comédienne Nadia Roz, animatrice du gala d'ouverture du Printemps du Rire 2021, à Toulouse.
L'humoriste et comédienne Nadia Roz, animatrice du gala d'ouverture du Printemps du Rire 2021, à Toulouse. — Syspéo / Sipa
  • En ces temps de Covid-19, le Printemps du Rire démarre ce vendredi par le traditionnel gala d'ouverture.
  • Le contexte sanitaire et la fermeture des salles de spectacle ont contraint les organisateurs à l'innovation, en proposant de l'humour en ligne.

En 2020, la 26e édition du Printemps du Rire n’était même pas arrivée à la moitié de sa programmation lorsqu’elle s’est arrêtée en même temps que la France entière, avec le confinement du 17 mars. Un an plus tard, le Covid-19 est toujours là et les jours heureux tardent à revenir. Pas le festival toulousain, de retour ce vendredi. « Une annulation était absolument inenvisageable, assène sa directrice Mary Dievart. C’est parce que les artistes nous ont dit oui que nous sommes très heureux de proposer de l’humour à une époque où l’on en a bien besoin. »

Forcément, l’événement par temps de Covid-19 n’a pas grand-chose à voir avec les années précédentes, lorsque pièces de théâtre, stand-up et autres spectacles divers remplissaient les salles de Toulouse et de ses environs. Aujourd’hui, c’est toujours rideau. « Nous avions monté le festival en pensant qu’il pourrait y avoir du public dans les salles, reconnaît Mary Dievart. Nous n’avons pas de dates de réouverture, des spectacles seront reportés à des dates ultérieures. »

La chasse à la sinistrose

Cependant, par définition, un festival d’humour ne peut pas tomber dans la sinistrose. Plusieurs événements ont donc été maintenus, en ligne et en direct, dont l’alpha et l’oméga du rendez-vous annuel : le gala d’ouverture, ce vendredi depuis la salle du Bijou (20h30, gratuit) et la Nuit du Printemps depuis le Bikini (13 mars, 5 euros). Nadia Roz officiera comme marraine et animatrice du gala, au côté des six lauréats d’un concours de 150 jeunes talents francophones.

« Je vais être dans le même état qu’eux, assure l’humoriste et comédienne, notamment dans le remarquable film La Vie scolaire. Je n’ai presque pas joué depuis deux ans, puisque j’ai enchaîné une maternité et une crise sanitaire. De plus, je vais présenter un sketch que je n’ai fait qu’une fois en public. Mais cette soirée est un cadeau, nous sommes privilégiés. Parce que le spectacle vivant est moribond. »

Le bon pressentiment de Nadia Roz

La situation des acteurs de la culture, au pain sec depuis de longs mois et sans perspectives claires, n’incite pas en effet à la franche rigolade… « J’ai des demandes pour jouer mon prochain spectacle La Fille du 7e, en cours de création, confie toutefois Nadia Roz. Il s’agit de quatre ou cinq dates à partir d’octobre prochain. J’ai une sorte de pressentiment. Quand ça va rouvrir, les gens vont avoir envie de sortir, de se lâcher. »

En attendant le grand retour de la bamboche, les artistes du gala d’ouverture se préparent ce vendredi à faire rigoler à distance leur public, sans pouvoir jouer avec les spectateurs ni capter leur énergie. Mieux vaut en rire.