En Haute-Garonne, Pôle emploi ne va pas chômer

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Dans le département, 60 000 personnes pourraient être bénéficiaires du nouveau revenu de solidarité active (RSA). « C'est une estimation établie à partir des 23 000 RMistes du département et des aides versées par la Caisse d'allocations familiales aux foyers à revenus faibles », a indiqué Martin Hirsch, le Haut-Commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté et à la jeunesse, en visite vendredi à Toulouse. Le RSA garantira à toute personne un revenu minimum à partir du mois de juin. Il viendra aussi compléter le salaire d'une personne qui travaille et dispose d'un revenu modeste.

Mais, avec cette nouvelle réforme, les syndicats de Pôle emploi, organisme né de la fusion entre l'ANPE et l'assurance-chômage (Assedic), craignent une surcharge de travail. Car pour être éligible aux RSA, tous les RMistes vont devoir pointer au chômage. Et pour l'heure, seul un tiers y est inscrit en Haute-Garonne. « Nous n'arrivons déjà pas à recevoir tout le monde. A Toulouse, chaque agent traite 180 dossiers par jour », s'inquiète Sylvie Espagnolle, du syndicat CGT-Pôle emploi. « Nous perdons déjà beaucoup de temps avec la réforme de l'ANPE car des agents commencent à partir en formation. Les deux réformes en même temps, ça fait beaucoup », explique-t-elle. Ces « appréhensions concernant le choix du moment » n'ont pas lieu d'être, estime Martin Hirsch. « Ça vaut la peine de faire un gros effort. Il faut se mettre dans la peau des gens en difficulté », indique-t-il. Mais selon les syndicats, « l'emploi à tout prix n'est pas forcément la solution » pour ces gens en difficulté. ■ A. R.