Toulouse : En cas de catastrophe chimique, le Samu se dote d’un super (et unique) camion de décontamination

INNOVATION Le CHU de Toulouse étoffe ses moyens d’action en cas de catastrophe ou de risques chimiques avec une unité mobile de décontamination destinée au Samu

Julie Rimbert

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Les patients inconscients sont transportés sur des rails pour subir une décontamination chimique dans l'unité mobile du Samu 31.
Les patients inconscients sont transportés sur des rails pour subir une décontamination chimique dans l'unité mobile du Samu 31. — J. Rimbert
  • Conçu par l’entreprise Cegelec, ce drôle de camion, capable de se déplier n’importe où en vingt minutes, peut décontaminer 150 personnes en une heure.
  • Le nouvel équipement du Samu 31 est autosuffisant en énergie et a des propriétés virucides.
  • Grâce à cette unité mobile, les futures victimes seront décontaminées sur place par une douche ou par des perfusions contenant des antidotes.

Contamination nucléaire, chimique ou bactériologique, à Toulouse, le Samu est désormais paré pour le pire des scénarios. Grâce à un nouveau camion conçu par l’entreprise Cegelec et bardé de technologies : en vingt minutes, il se déplie entièrement pour laisser place à plusieurs salles séparées pour la prise en charge de victimes d’une catastrophe chimique.

« Le camion est autosuffisant en énergie, avec des propriétés virucide et bactériologique. Il est lavable, décontaminable, et peut accueillir tous les patients, même dans le coma, souligne Vincent Bounes, le patron du Samu 31. Il peut décontaminer 150 personnes par heure. Et si la doctrine sur la vaccination au Covid évoluait, il peut même servir à vacciner 300 personnes par heure ».

Il aurait pu servir pour l’incendie de Lubrizol

Transportable par la route, en bateau ou par les airs, l’unité mobile de décontamination comprend des zones différentes selon l’état des victimes, qu’elles soient blessées ou invalides. Un sens de circulation permet de séparer les flux des personnes contaminées et des personnes saines. Les victimes sont décontaminées par une douche pour éliminer les toxiques ou par des perfusions contenant des antidotes. « Le camion peut être déployé sur un accident chimique comme celui de Lubrizol à Rouen ou lors d’un attentat terroriste au gaz sarin comme en 1995 dans le métro de Tokyo », précise Vincent Bounes.

Un outil supplémentaire pour le CHU de Toulouse, certifié centre de réponse à la catastrophe depuis 2019, le seul en Europe. "L’innovation fait partie de notre ADN", souligne Marc Penaud, le directeur.

Panaches de fumée

Les pompiers du Service départemental d’incendie et de secours (SDIS) de Haute-Garonne ont, eux aussi, été équipés d’un poste de commandement mobile pour mieux organiser les secours et la prise en charge des victimes lors d’un incendie avec panache de fumée toxique. Grâce à des détecteurs de dioxyde de carbone et des détecteurs électrochimiques, ils peuvent évaluer sur une intervention la qualité et la possible pollution de l’air, afin de prioriser les zones à secourir.