Coronavirus à Toulouse : Un espace de coworking propose des journées à 1 euro pour sortir les étudiants de leur isolement

CONVIVIALITE Un site de coworking toulousain a imaginé une « soupape » pour les étudiants isolés par la crise sanitaire. Ils peuvent venir travailler – et bavarder – pour 1 euro par jour

Hélène Ménal

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L'Espace de coworking Ô Local, à deux pas du Port Saint-Sauveur, à Toulouse.
L'Espace de coworking Ô Local, à deux pas du Port Saint-Sauveur, à Toulouse. — Ô Local - Capture d'écran

Il y a des biscuits, du café, de chaises ergonomiques, une bonne connexion et surtout, même si ce n’est pas la foule des grands jours et que la distanciation physique reste de mise, des êtres humains à qui raconter sa vie. Face à l’isolement grandissant de certains étudiants​ provoqué par la crise sanitaire, l’espace de coworking toulousain Ô Local a décidé de jouer les « soupapes ». Il leur propose de quitter leur studio ou leur chambre U pour venir travailler au bord du Canal du Midi, sur le port Saint-Sauveur, au tarif solidaire d’1 euro par jour.

« J’ai été étudiante et je n’ose pas imaginer ce qu’ils vivent », explique Virginie, l’office manager du lieu, contente de combler à sa façon la fracture numérique. Et d’apporter un peu de sang neuf dans les conversations de ses « nomades » habituels dont elle reconnaît aussi qu’ils se font plus rares avec les conversions au télétravail. Ce mercredi matin, seulement six des 26 postes de travail étaient occupés. Sept en début d’après-midi, avec l’arrivée prévue de la première étudiante « pour une visio avec son école ».

La nouvelle venue va pourvoir découvrir le baby-foot, remis en service avec un gros bidon de gel hydroalcoolique dessus, voire contribuer au brassage des accents. Car en plus des futurs adeptes étudiants, le profil des coworkers s’est modifié au détour de la crise. « On voit de plus en plus de Parisiens qui s’exilent ou reviennent sur leurs terres d’origine », remarque Virginie Diallo. De nouveaux télétravailleurs mais pas tout à fait résignés à transformer leur domicile en bureau.